Roger Federer joue son dernier match ce soir: le crépuscule d’une idole

« Je ne sais pas si j’arriverais à gérer tout ça », a admis le Suisse, jeudi en conférence de presse, alors qu’on lui demandait s’il appréhendait la vague d’émotions qui le submergerait nécessairement à différents moments de cette journée unique.

« J’ai eu des moments plus durs par le passé, j’ai été parfois horriblement nerveux, au cours de toutes ces années, avant des matches », a-t-il souligné.

Avec 157 finales en carrière, dont 31 en Grand Chelem, pour 20 titres, dix aux Masters et même une – perdue- aux Jeux olympiques, on pourrait le penser immunisé contre le trac. Mais le fait que celui-ci n’ait jamais disparu explique sans doute sa longévité inégalée au sommet.

« Je pouvais vraiment arriver à chaque fois et dire +j’espère gagner ce tournoi+ pendant, je ne sais pas, quinze ans ou plus. Cela a été un privilège », a-t-il aussi raconté.

Finies les « journées interminables »

Pendant que le simple d’Andy Murray se déroulait, on a pu le voir repasser par ses routines d’avant-match et se faire longuement masser et manipuler par un kiné, dans le vestiaires, sur des images diffusés par les organisateurs du match.

« J’adore lacer mes chaussures, me préparer, mettre mon bandana (autour du front), me regarder dans le miroir (en me demandant) +C’est bon ? On est prêt pour ça ? OK, on y va!+. Mais même si j’aime vraiment ça, je suis content de ne plus avoir à le refaire », avait pourtant raconté le Suisse.

Il a assisté parfois sur le bord du terrain, parfois dans les vestiaires avec Nadal, à la défaite du Britannique contre Alex de Minaur (5-7, 6-3, 10-7), qui a permis l’équipe du Reste du Monde de réduire le score à 2-1 contre l’Europe, après les succès de Casper Ruud et Stefanos Tsitsipas lors de la session de l’après-midi.

Malgré son horaire tardif et le peu d’enjeu sportif — il y aura encore huit rencontres sur les deux prochains jours pour départager les deux équipes –, son dernier match de tennis promet d’être mémorable, en double, aux côtés de son « meilleur ennemi », Rafael Nadal.

« Demain, ce sera très spécial », avait reconnu l’Espagnol, jeudi.

« L’un des joueurs, si ce n’est le joueur le plus important dans ma carrière s’en va. A la fin, vivre ce moment sera difficile. Mais bien sûr, je suis très excité et reconnaissant d’être avec lui », a-t-il poursuivi.

« Tout a été parfait », assure Federer

Tout en mesurant l’honneur qui leur est fait de jouer ce match unique, leurs adversaires, les Américains Jack Sock et Frances Tiafoe, qui représenteront l’équipe du Reste du Monde, n’en ont pas perdu pour autant le sens de la compétition.

« Cela promet d’être une soirée plus que culte et je suis fier d’y être. On va profiter du moment mais on ne retiendra pas nos coups, désolé Roger », a lâché Sock, au risque de gâcher la fête.

« Quoi qu’il arrive, ces gars ne seront pas les méchants dans l’histoire », les a défendus par avance John McEnroe, leur capitaine pour l’occasion. « Ce qui compte, c’est de célébrer tout ce que Roger a réalisé dans sa carrière. Qui gagnera ou perdra, je pense que c’est totalement secondaire », a-t-il ajouté.

Après la balle de match, le résultat s’effacera rapidement derrière quelque chose de bien plus fort mêlant humain, sport et histoire et la tristesse n’écrasera pas tout.

« On veut toujours jouer pour toujours. J’adore être sur le court, j’adore jouer contre les gars, j’adore voyager. Je n’ai jamais trouvé cela difficile pour moi, que je gagne ou que j’apprenne de mes défaites, tout a été parfait, j’ai adoré ma carrière », avait assuré Federer.

« Tout le monde doit quitter la compétition un jour. Cela aura été une aventure vraiment, vraiment formidable. Et pour ça, oui, je suis extrêmement reconnaissant », avait-il conclu.