Réclamation de l’OB contre le ST : Analyse de la forme et du fond
Le Comité directeur du ST a reconnu l’erreur commise par son banc de touche qui a fait participer en même temps cinq joueurs étrangers dans les dernières minutes de son match contre l’OB. Selon les Béjaois, tous les articles concernant les différentes réclamations autorisent le retrait d’un dossier avant son examen et le changement de procédure selon la nature de l’infraction.

Le ST a été piégé par l’article 71 de la réglementation du football professionnel, au grand bonheur de l’OB, qui espère obtenir sur tapis vert les trois points nécessaires à son maintien.
La Presse — Le Comité directeur du ST a reconnu la grave erreur commise par son banc lors de la dernière partie contre l’OB, où cinq joueurs étrangers ont été alignés simultanément en fin de match. Cet acte est inacceptable, surtout en sachant que l’article 71 de la Réglementation du football professionnel précise que « tout club de la Ligue 1 peut inscrire sur la feuille de match six (06) joueurs étrangers (quel que soit leur âge), mais ne peut faire jouer en même temps au maximum que quatre (04) joueurs étrangers » et que cette règle est bien connue, même par les supporters.
Celle-ci doit être maitrisée encore plus par les dirigeants, les entraîneurs et les accompagnateurs. La réponse maladroite du coach Ammar Souayah, qui a affirmé « ne pas être concerné par une erreur purement administrative », a conduit à sa décision de départ. Bien que sa responsabilité soit évidente, il n’est pas le seul à subir les conséquences.
Comme l’a reconnu le porte-parole du ST, le dirigeant administratif chargé de veiller à l’application des règlements et de déceler les infractions devrait également en assumer la responsabilité.
Le vice de forme : une chance d’y échapper ?
Au moment où les fans, choqués, ont été informés, les responsables du ST ont fait appel à leur « expert » en règlements sportifs, Anis Ben Mime, pour calmer les esprits. Celui-ci a apporté un espoir aux supporters en indiquant « qu’un vice de forme a été commis par les responsables béjaois, qui ont qualifié cette infraction de réserve technique (ce qui n’est pas le cas, car l’arbitre est chargé de veiller au respect du nombre de six étrangers sur la feuille de match et non aux quatre lors des changements) et l’ont signalée sur le terrain, alors qu’elle doit être formulée après le match », ajoutant que la requête des Béjaois « aurait toutes les chances de ne pas aboutir ».
On peut se demander si Anis Ben Mime et les dirigeants du ST croient réellement en cette « porte de salut ». Même si les Béjaois ont mal interprété la qualification de l’infraction et la manière de présenter leur réclamation, des possibilités restent ouvertes pour corriger le processus.
En effet, ils auraient omis de confirmer par écrit, dans un délai de quarante-huit (48) heures ouvrables, la réserve technique indiquée sur la feuille de match, ce qui annule cette première procédure qui, même si elle avait abouti, ne leur aurait permis d’obtenir qu’un match à rejouer.
Cette annulation leur ouvre la voie à une seconde procédure (les règlements interdisent deux recours différents pour une même infraction), celle de la réclamation selon l’article 128 des Règlements Généraux, qui, si elle réussit, leur donnerait « le gain du match par pénalité ».
La question centrale de cette affaire est la suivante : peut-on renoncer à une procédure erronée et l’annuler en ne confirmant pas une réserve technique déjà formulée, pour pouvoir faire une réclamation valide ?
Selon les Béjaois, convaincus de gagner leur bataille juridique sur le fond devant le nouveau Bureau de la Ligue, tous les articles relatifs aux différentes réclamations permettent le retrait d’un dossier avant son examen et le changement de procédure en fonction de la nature de l’infraction.
Pour les Bardolais, qui n’ont aucune chance d’obtenir gain de cause sur le fond, axer leur bataille sur un vice de forme dans la procédure est le dernier espoir qui leur reste, aussi faible soit-il. La saison dernière, ils avaient utilisé le même article 71 à leur avantage contre le CSS. Cette saison, ils pourraient en faire les frais.
