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Point de vue : Les entraîneurs « jetables » sont-ils vraiment nécessaires ?

Mohamed Mkacher a quitté son poste d’entraîneur après avoir connu une remontée au classement lors de la saison dernière. Actuellement, Maher Kanzari est l’entraîneur dont la position est considérée comme instable.


La Presse — Mohamed Mkacher a rapidement quitté son poste, lui qui avait réalisé l’année dernière une remontée impressionnante au classement. Avant lui, Nefkha et Dridi ont été remerciés. Mounir Rached, qui a pris la place de Mourad Okbi à la JSK (après le départ de Ghazi Ghraïri), s’en va également, tout comme Anis Boujelbene, qui n’est plus l’entraîneur de l’ESZ. À cela s’ajoutent Skander Kasri à l’ASG, Hidoussi au CAB et d’autres noms, ce qui témoigne d’un championnat d’entraîneurs « jetables » !

Cette instabilité est à la fois comique et alarmante, avec des clubs qui changent de entraîneurs jusqu’à trois fois en une demi-saison. Quel est cet championnat ?! Pour une compétition respectée, de tels chiffres sont très dévalorisants. Il est envisageable de changer d’entraîneur lorsque les résultats ne suivent pas, mais lorsque cela se produit chaque mois, cela devient à la fois dangereux et absurde.

Nous sortons du schéma traditionnel où des résultats négatifs entraînent le renvoi de l’entraîneur. Lorsque cela se produit trois ou quatre fois par saison, il est clair que le problème est ailleurs. Avoir trois ou quatre entraîneurs en quelques mois indique que ce n’est pas l’entraîneur le véritable problème. Alors, ce sont les dirigeants, ou du moins ceux qui restent, qui semblent incapables de gérer leurs affaires et de fournir un cadre propice à l’entraîneur.

Cela signifie également que ces dirigeants ont fait des erreurs dans le choix de l’effectif, et que les joueurs disponibles sont faibles et limités. Même en cas de qualité acceptable, lorsque les paiements sont en retard et que les joueurs manquent de motivation, l’entraîneur ne pourra pas transformer la situation. Cette série ininterrompue d’entraîneurs témoigne de la fragilité de nos clubs, ainsi que de l’angoisse qui prédomine. Souvent, ces dirigeants, préoccupés par les réactions du public et ce qui se dit sur les réseaux sociaux, fuient leurs responsabilités.

Changer d’entraîneur devient leur solution temporaire pour espérer une amélioration. À tel point qu’il est difficile de retenir le nom d’un entraîneur dans notre championnat. Ce qui étonne, c’est que tout le monde sait que le potentiel des joueurs est limité et que les problèmes sont complexes, mais l’entraîneur est souvent désigné comme bouc émissaire pour détourner l’attention. Le résultat est généralement prévisible.

Tous ces entraîneurs remerciés et engagés sont-ils incompétents ? Un peu de bon sens est nécessaire. C’est une fuite collective en avant pour les dirigeants, qui se retrouvent piégés par leurs supporteurs, incapables d’imposer de bonnes décisions et d’assurer un minimum de stabilité. Pour beaucoup de nos entraîneurs, ces licenciements en série et cette précarité ne sont pas forcément une mauvaise nouvelle.

Au contraire, c’est une opportunité d’occuper un poste, même pour un ou deux mois, en attendant qu’un « collègue » se fasse remplacer. Actuellement, Maher Kanzari se trouve sur un siège éjectable, et les candidats à sa succession attendent avec impatience !