Philippe Gilbert, le champion, Marc Coucke, le « déserteur »

Football

C’est quand même drôle le sport. Il peut susciter d’intenses et jolies émotions mais il peut aussi provoquer des comportements honteux et lamentables.

Gilbert et De Keermaercker

Ces paradoxes, ces contrastes brutaux ont occupé notre défunt week-end. Côté pile, deux images rafraîchissantes qui illustrent la beauté du sport.

D’abord, à tout seigneur tout honneur, les larmes d’émotion de Philippe Gilbert, vainqueur magnifique d’une très grande édition de Paris-Roubaix. Une course splendide, sans temps morts, dont ont émergé de réels champions et qu’a remportée l’un des meilleurs coureurs des quinze dernière années.

L’un des plus intelligents aussi. L’un des plus courageux, des plus sympathiques, des plus lucides, des plus convaincants. Qu’il soit Belge et même Wallon ajoute évidemment à notre plaisir.

Mais c’est surtout l’homme, bourré de talent et de panache, que l’on aimerait saluer. Ses larmes d’après course montrent que même le sport de haute compétition recèle son lot d’humanité et c’est plutôt rassurant.

Autre image réjouissante: celle du jeune footballeur du Beerschot, Brian De Keersmaecker, 18 ans. Il est monté au jeu lors du match Beerschot-Eupen, dans les playoffs 2. C’était sa première rencontre de footballeur professionnel et…il y a marqué son premier but officiel. Il fallait voir sa joie de gamin à l’issue de cet exploit, la manière dont il a fêté ce but, dans les rires et les pleurs mêlés. On était heureux pour lui.

Des comportements bestiaux

Côté face, ce spectacle terrible d’un quarteron de “supporters” du Sporting d’Anderlecht qui ont sciemment saboté la rencontre entre le Standard et “leur” club à la dérive.

Ils avaient préparé leur sale coup et le scenario du match a fait le reste.

Lorsque les Rouches ont fait 2-0 à la demi-heure et que Kara, l’arrière central mauve, a été exclu, on savait que la rencontre n’irait pas à son terme. Et c’est ce qui s’est produit.

La faute de ce naufrage revient à 100% à ces imbéciles agressifs qui desservent l’image du club bruxellois et du football belge en général.

Un très mauvais signal

Mais il faut, hélas, dire que la direction du club a créé les conditions de ces stupides débordements. Par une politique sportive en-dessous de tout. Et par un management déplorable.

Nous avons déjà dénoncé ici la façon regrettable dont, une fois arrivé à la présidence du Sporting, l’homme d’affaires flamand Marc Coucke a piétiné la tradition mise en place pendant des décennies par la famille Vanden Stock.

Cette fois, Marc Coucke se sera illustré par son absence alors que la maison mauve prenait feu. Qu’il n’ait pas été présent lors de la défaite contre l’Antwerp, soit. Tout le monde a droit à des vacances en famille. Mais la défaite contre les Anversois a précipité le Sporting dans la crise et provoqué un premier mouvement de révolte chez les supporters.

On pouvait donc craindre et deviner qu’il allait se passer des choses graves au Standard. Or, M. Coucke n’a pas cru bon écourter son séjour vietnamien, il est resté loin de son club en crise, comme s’il s’en désintéressait.

C’est un très mauvais signal qu’il a donné là et si cela n’excuse évidemment pas les débordements de vendredi, cela laisse penser que le Sporting d’Anderlecht n’est pas géré comme il le faudrait. Le fait qu’il ne sera pas, sauf miracle improbable, européen la saison prochaine, pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, en est une preuve supplémentaire.