Papacito, influenceur d’extrême droite, jugé pour cyberharcèlement d’Imane Khelif
Dès août 2024, l’avocat de la boxeuse algérienne Imane Khelif annonçait que sa cliente avait déposé plainte à Paris pour « cyberharcèlement aggravé ». Papacito sera jugé le 26 février 2026, à Paris, pour le cyberharcèlement de la boxeuse algérienne.
Dès août 2024, l’avocat de la boxeuse algérienne Imane Khelif annonçait que sa cliente avait déposé plainte à Paris pour « cyberharcèlement aggravé ». « Tout juste médaillée d’or aux JO de Paris 2024, elle a décidé de mener un nouveau combat : celui de la justice, de la dignité et de l’honneur », précisait alors Me Nabil Boudi dans un communiqué.
Cette plainte pour « des faits de cyberharcèlement aggravé auprès du Pôle de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris » a récemment progressé de manière significative en ce début d’année 2026. Ce vendredi, il a été annoncé que l’influenceur d’extrême droite Papacito sera jugé le 26 février, à Paris, pour avoir cyberharcelé la boxeuse algérienne.
Cible d’une polémique sur son genre pendant les JO 2024, la championne olympique avait dénoncé une « campagne féroce » à son encontre, en déposant plainte le 12 août 2024. Le parquet de Paris a précisé ce vendredi que l’enquête a permis d’identifier Papacito, de son vrai nom Ugo Jil-Gimenez. Celui-ci comparaîtra pour cyberharcèlement et injure discriminatoire, comme l’indique le ministère public.
L’accusation lui reproche des propos diffusés sur le réseau social TikTok, où il compte plus de 30 000 abonnés (il possède également 160 000 suiveurs sur Instagram). « C’est important que la justice passe, et qu’elle rappelle que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. Le cyberharcèlement, de manière générale, peut avoir des répercussions dramatiques pour les victimes », a réagi Me Nabil Boudi.
Le trentenaire, originaire de Toulouse et vivant en Espagne selon le parquet, est déjà bien connu des services d’enquête. Son premier scandale remonte à juin 2021, lorsqu’il avait diffusé une vidéo sur YouTube simulant l’exécution d’un électeur de La France insoumise (LFI).
« Mon client s’étonne de se voir reprocher une prétendue campagne de cyberharcèlement alors qu’il s’est strictement borné à exprimer son avis dans le cadre de la controverse relative à l’éligibilité d’Imane Khelif à concourir dans la catégorie féminine », s’indigne son avocat Me Martial Groslambert. La polémique entourant la championne olympique avait pour origine l’exclusion d’Imane Khelif, tout comme celle de la Taïwanaise Lin Yu-ting, des championnats du monde à New Delhi en mars 2023.
Selon la Fédération internationale de boxe (IBA), Imane Khelif avait échoué à un test destiné à établir son genre. Non reconnue par le monde olympique, l’IBA a refusé de préciser quel type de test avait été pratiqué. Cependant, le Comité international olympique (CIO) ne doutait pas de son éligibilité : elle pouvait participer aux Jeux dans le tournoi féminin. Mais l’exclusion de New Delhi a refait surface lorsque son adversaire au premier tour, l’Italienne Angela Carini, a abandonné dès la première minute de leur combat.
Sur les réseaux sociaux, la boxeuse a alors été victime d’une campagne de haine et de désinformation, teintée de racisme, la présentant comme un « homme combattant des femmes ». « Je suis pleinement éligible pour participer, je suis une femme comme les autres. Je suis née femme, j’ai vécu en tant que femme et j’ai concouru en tant que femme », avait déclaré Imane Khelif aux médias après sa victoire en finale des -66kg à Paris. En août 2025, son ancien manager Nasser Yefsah indiquait à Nice-Matin que l’Algérienne de 26 ans avait désormais « quitté le monde de la boxe ».

