OM – OL : Habib Beye puise dans l’héritage de Pape Diouf à Marseille
A la fin du mois, cela fera six ans que Pape Diouf est mort. Habib Beye a déclaré : « J’ai eu une pensée pour Pape Diouf en signant mon contrat. »
À la fin du mois, cela fera six ans que Pape Diouf est décédé. Ancien agent de joueurs, directeur sportif puis président de l’OM de 2005 à 2009, il demeure une figure respectée à Marseille, souvent citée en référence. Son éloquence, sa vision élevée et son attachement au club continuent de résonner dans le cœur des supporters. Ce n’est certainement pas un hasard si Habib Beye a évoqué Diouf lors de sa conférence de presse de présentation, la semaine dernière.
« J’ai eu une pensée pour Pape Diouf en signant mon contrat. Il me disait toujours : « Quand le feu brûle à Marseille, il faut le laisser brûler, car il s’éteint tout seul », a déclaré le nouvel entraîneur olympien. C’est un peu ce qu’est ce club ; il entraîne dans une immense émotion, mais parfois, il faut résister et rester froid, calme et serein. » Cela souligne qu’il est conscient des défis qui l’attendent et de son attachement à l’identité olympienne.
Il est difficile de qualifier l’ancien entraîneur rennais d’opportuniste. Beye, qui vivra son premier grand moment sur le banc de l’OM ce dimanche lors d’un Olympico enflammé au Vélodrome, n’a pas attendu d’occuper ce poste pour parler de Pape Diouf comme un « père spirituel ». L’ancien dirigeant appelait lui-même Beye « fils ». « Pape avait une approche un peu paternelle, il était le « vieux père », explique Laurent Batlles, qui a joué à l’OM entre 2004 et 2005. Il était ainsi avec tout le monde, mais il avait une proximité particulière avec Habib, il y avait des éléments qui leur étaient propres. »
Pape Diouf, alors agent, a guidé Beye pendant les premières années de sa carrière, lui décrochant le contrat de ses rêves à l’OM. Le défenseur, formé en région parisienne, s’est révélé à Strasbourg entre 1998 et 2003 avant de s’installer dans les Bouches-du-Rhône. À Marseille, il a connu une saison intense se soldant par une finale de Coupe UEFA perdue contre Valence en 2004, le difficile après-Drogba, puis le succès avec la génération Nasri-Ribéry-Niang, atteignant la deuxième place de Ligue 1 (2007) avec le brassard de capitaine.
Ces années l’ont profondément marqué, avec son mentor aux commandes du club à partir de 2005. « Habib a été fortement influencé par l’empreinte de Pape Diouf à Marseille, nous confie Hassoun Camara, actuel directeur des communications stratégiques au club de Montréal (MLS), qui a connu les deux hommes à Marseille. Ils entretenaient une relation de confiance mutuelle entre un capitaine et son président. Le leadership de Pape Diouf a profondément marqué Habib. »
Cela a formé l’homme au col roulé devenu emblématique des bancs de Ligue 1, tant dans sa carrière de joueur que dans celle d’entraîneur qu’il entame. « Habib s’est inspiré du parcours de Pape, soutient Hassoun Camara. D’une certaine manière, Pape a brisé les codes dans son domaine [il rappelait souvent être le premier président noir d’un club de Ligue 1]. Je sais qu’Habib souhaite aussi apporter sa personnalité et ses idées dans le football. Il a de grandes ambitions. » Le Sénégalais, qui a joué à Bastia après l’OM, ajoute :
« Et c’est sûr que d’avoir été marqué par une personne comme Pape Diouf, cela rend un peu moins effrayant le fait de vouloir laisser sa propre empreinte dans sa profession. En tant que Sénégalais, je sais qu’il est plus facile de tracer son chemin quand on a des personnes inspirantes qui ont ouvert la voie. »
Au-delà de ses ambitions personnelles, Habib Beye espère rendre à Marseille tout l’amour qu’il ressent pour ce club et cette ville, un peu comme Pape Diouf, qui, malgré un mandat terminé sans titre, reste gravé dans toutes les mémoires. Lors des 125 ans du club, célébrés en avril 2025, le nom de celui qui a été journaliste sportif dans une première vie a souvent été évoqué par les anciens présents à cet événement au Vélodrome.
« Je pense que personne ne l’a oublié ici, indique Yann Péchéral, ami de Pape Diouf, qui a créé une fondation à son nom avec d’autres proches comme Alexandre Faure et Nathalie Paoli. Peu de supporters oseraient dire du mal de Pape, et c’est vrai également pour Habib. D’ailleurs, quand il a été nommé entraîneur de l’OM, la première personne à laquelle j’ai pensé, c’est Pape. Grâce à leurs qualités humaines, ils ont prouvé qu’ils avaient compté dans l’histoire du club. »
Cela soulève la question de savoir si une telle affection peut perdurer en cas de mauvais résultats, alors que le podium de Ligue 1 semble s’éloigner ces dernières semaines et que la première sortie de Beye avec l’OM s’est soldée par un cauchemar à Brest (défaite 2-0) ? « On connaît la versatilité des supporters envers un coach, sourit Péchéral. Quoi qu’il arrive, je lui souhaite toute la réussite possible. C’est quelqu’un de charismatique, qui connaît le club. »
« Habib a la personnalité et le caractère nécessaires pour permettre à son groupe d’atteindre ses objectifs, comme le faisait Pape Diouf, ajoute Hassoun Camara. Quand il était joueur, Habib était l’intermédiaire de Pape pour transmettre les consignes, pas seulement sportives, mais aussi des conseils de vie, d’état d’esprit et d’ambition qu’il faut avoir en portant le maillot de l’OM. Il s’en inspirera. » L’élève doit désormais surpasser le maître en ramenant le premier titre de l’OM depuis treize ans.

