L’équipe nationale en crise : un sélectionneur étranger et d’autres facteurs.
Le football tunisien a besoin d’une refonte profonde pour redorer son blason. Le championnat de Tunisie, qui a beaucoup régressé ces 15 dernières années, ne constitue plus un tremplin pour les joueurs africains.

Amener un entraîneur étranger ne suffira pas à redresser la situation. Le football tunisien a besoin d’une réforme en profondeur pour améliorer son image.
La Presse — Ce n’est malheureusement pas la première déception. L’équipe de Tunisie a quitté la CAN du Maroc par la petite porte. Une élimination qui est d’autant plus amère que la qualification était à notre portée.
À présent que le mal est fait, il est inutile de se lamenter. Cependant, il est essentiel de dresser un véritable bilan cette fois-ci et de ne pas désigner Sami Trabelsi et son staff comme boucs émissaires.
Tous sont responsables, que ce soit le staff technique, les joueurs ou les membres de la fédération, des choix effectués pour la Coupe arabe et de leurs conséquences sur la participation à la CAN.
Au-delà des compétences…
Depuis des années, des voix se sont élevées pour donner leur chance aux entraîneurs tunisiens à la tête de la sélection nationale. Malgré les résultats de chacun, aucun d’entre eux n’a réussi à convaincre par une personnalité forte. En ce qui concerne les convocations, on peut se demander si le principe du mérite a réellement été respecté !
Ces dernières années, la meilleure performance en CAN a été réalisée par un entraîneur étranger, le Français Alain Giresse, qui a conduit l’équipe à la quatrième place en Égypte en 2019. Malgré cela, le bureau fédéral de l’époque a décidé de le remercier en arguant que l’équipe de Tunisie ne faisait pas bonne impression.
On peut se demander qui, au sein de ce bureau fédéral, avait la compétence pour évaluer Alain Giresse. Cela illustre que même en faisant appel à des entraîneurs étrangers de valeur, nous n’avons pas su mener à bien un projet sportif.
Aujourd’hui plus que jamais, l’équipe de Tunisie a besoin d’un technicien étranger. Avec l’ossature de nos joueurs binationaux, nous avons la possibilité de former un nouveau groupe, enrichi par quelques locaux prometteurs méritant une place en équipe nationale A.
Un championnat terni
Au cours des 15 dernières années, le championnat de Tunisie a subi un important déclin. Il ne sert plus de tremplin aux joueurs africains. Les entraîneurs étrangers de qualité se font rares, car les clubs tunisiens manquent des ressources financières pour offrir des salaires compétitifs, et les dettes envers la FIFA compliquent la situation. De plus, les infrastructures sportives se détériorent chaque année.
La Tunisie, qui a accueilli les CAN de 1994 et 2004, ne dispose aujourd’hui que d’un seul stade homologué par la CAF, celui de Radès. Pour que le championnat tunisien retrouve sa compétitivité, il est impératif de le professionnaliser totalement.
Son statut juridique actuel, qui est hybride, ni entièrement amateur ni complètement professionnel, pèse sur les finances des clubs et les empêche de fonctionner normalement.
Réactiver les centres régionaux
Autrefois, le Centre de formation de Borj Cédria était une référence du football tunisien, formant les meilleurs talents. Pour que les jeunes aient accès au centre de Borj Cédria, il fallait passer par les centres régionaux.
Le travail avec les sélections jeunes doit regagner en profondeur dans les centres régionaux à réactiver dans tout le pays pour qu’ils retrouvent leur place dans le système de formation de nos jeunes footballeurs.
En résumé, un travail approfondi est nécessaire pour que notre football retrouve son éclat. Un grand chantier à entreprendre.

