Le vrai trophée de la Coupe du monde et son double quasi identique

Comme tous les quatre ans, le plus bel objet de désir de la planète football est repassé dans la banlieue de Milan pour une méticuleuse visite d’inspection et quelques coups de brosse et de vernis avant de partir en tournée chez les 32 pays qualifiés, dans l’attente de voir qui la brandira vers le ciel de Doha le 18 décembre. « Quand elle revient, on voit que c’est une coupe qui a été célébrée ! Mais ça se comprend : on doit se battre pour la gagner, alors quand on la décroche, il y a forcément beaucoup de joie… », sourit la patronne Valentina Losa, devant des vitrines garnies des trophées – nationaux et internationaux – produits par l’entreprise familiale installée à Paderno Dugnano. Elle avoue être « toujours très émue » quand, après chaque Mondial, revient le trophée de 36 cm de hauteur et pesant plus de six kilos d’or massif et de malachite (pierre verte visible à la base) : « C’est assez impressionnant de savoir que les plus grands footballeurs l’ont tenue en main. On est parmi les rares à pouvoir la soulever, à en connaître tous les secrets ! ».

L’originale de la Coupe du monde ne peut être touchée que par les ex-vainqueurs et les chefs d’État, outre les opérations de manutention et d’entretien, selon le site de la Fifa, propriétaire de la récompense. Cette coupe surmontée d’un globe terrestre, la société GDE Bertoni l’a créée il y a plus de cinquante ans. Après que le Brésil avait conservé le précédent trophée ailé (Coupe Jules-Rimet) grâce à sa troisième victoire, en 1970, en vertu du règlement de l’époque, la Fifa (Fédération internationale de football) avait lancé un concours auxquels 53 entreprises avaient postulé. « Mon père avait dessiné ce projet avec le sculpteur et directeur artistique Silvio Gazzaniga. Ils sont allés à Zurich avec un modèle en plâtre et ont gagné le concours », explique la patronne de Bertoni.

Si les champions du monde se voient remettre l’originale après la finale, ils ne peuvent conserver qu’une réplique, identique à l’œil du non-expert mais faite de laiton et plaquée or.

Cette réplique est également produite dans l’atelier Bertoni où la tâche la plus délicate, tous les 4 ans, consiste à choisir les bons morceaux du « puzzle » pour réussir le « copier-coller » le plus exact de l’originale, jusqu’aux nervures de la malachite.