La Tunisie se qualifie pour les huitièmes avec le minimum.
L’équipe nationale de Tunisie a confirmé son malaise à la CAN avec un score de 1-1 face à la Tanzanie, malgré une qualification au second tour avec 4 points. Cela fait 12 ans qu’elle n’a pas gagné son premier match à la CAN depuis le premier passage de Sami Trabelsi.

Avec l’objectif atteint, l’équipe nationale n’a pas été très convaincante. Sami Trabelsi en est-il uniquement responsable ? Les joueurs et le staff prennent également leurs responsabilités.
Depuis quand l’équipe nationale a-t-elle réellement brillé lors de la CAN ?
La Presse — La Tunisie s’est qualifiée, mais de manière très minimale. Sans éclat, sans la qualité nécessaire pour rassurer sur l’avenir. Ce match nul 1-1 contre la Tanzanie a mis en lumière le malaise de l’équipe à cette CAN. Ce malaise reste relatif, puisque l’équipe finit deuxième avec 4 points. Il y a deux ans, le premier tour avait été un échec, et avant ça, la qualification avait été obtenue en tant que troisième du groupe.
Cela reste toutefois mieux que les deux dernières éditions, et encore plus que 2019, où la qualification s’était faite avec seulement trois points. Sommes-nous en train de trop accuser Sami Trabelsi ? Cela semble le cas. Les choix discutables de Trabelsi et son insistance sur des joueurs en méforme justifient-elles cet acharnement excessif ?
Nous l’ignorons, mais malgré ses erreurs, Trabelsi a réussi à atteindre le second tour. C’est le résultat qui compte. En revanche, il n’a pas su reproduire la qualité de jeu observée lors des matchs amicaux ou des éliminatoires. L’équipe oscille entre le bon et le moins bon. Elle fait preuve de timidité et de manque de créativité, mais a tout de même atteint l’objectif qui lui était fixé : la qualification au second tour.
Au milieu des critiques et des échanges houleux sur les plateaux de télévision et à la radio, qui atteignent parfois des niveaux indécents, il est nécessaire d’adopter une analyse réfléchie, sobre et objective. On ne peut pas blâmer uniquement Sami Trabelsi ; l’équipe de Tunisie souffre à la CAN depuis longtemps, et ce n’est pas nouveau.
De nombreux joueurs de qualité ou de niveau moyen se sont succédé, tout comme les entraîneurs tunisiens et étrangers. Vingt ans après 2004, nous n’avons pas atteint la finale d’une CAN ni remporté un second titre continental. Il y a quelque chose qui cloche dans le système de sélection depuis plus de 30, voire 40 ans.
Les épisodes marquants de la CAN 2004, le mandat de Kasperczak entre 1994 et 1997 ou quelques matchs remarquables face à des équipes de renom ne constituent pas des références durables. Si l’on regarde les résultats à la CAN, ainsi qu’aux éliminatoires de la CAN et du Mondial, on se rend compte que nous sommes loin du niveau des grandes sélections africaines.
Les chiffres confirment cette réalité, tout comme la performance des différentes générations de joueurs. Cela fait maintenant 12 ans que nous n’avons pas gagné notre premier match de la CAN, depuis la première campagne de Trabelsi.
Il est essentiel d’admettre que l’équipe nationale n’a pas su s’imposer en Afrique. Cela reste vrai malgré un long historique de joueurs et d’entraîneurs aux talents divers. Le véritable problème est un potentiel surestimé.
Des erreurs fatales
À notre avis, Trabelsi fait erreur en s’entêtant à sélectionner certains joueurs qui n’ont pas convaincu. Cela se voit par son obstination, semblable à celle de nombreux entraîneurs tunisiens qui veulent prouver qu’ils ont raison. Par exemple, le choix de Dahmen comme gardien n’a pas été judicieux. Après un bon parcours en éliminatoires du Mondial, Dahmen traverse une période difficile.
Les derniers tests amicaux et les deux premiers matchs de la CAN montrent que Dahmen doute de lui et peine à gérer les ballons aériens, un problème lié à sa taille. Pourquoi ne pas le ménager et donner une chance à Ben Saïd, qui a été le gardien titulaire pendant un certain temps ?
De plus, Sâad a étrangement été écarté sous la pression de certains consultants, tout comme Hadj Mahmoud ou Chaouat, qui auraient mérité leur chance. Cependant, des choix doivent être faits, avec des comparaisons et des appréciations qui, parfois, peuvent être subjectives et émotionnelles, pénalisant certains joueurs. Ces joueurs doivent assumer leur statut et les privilèges qui en découlent. Une fois sur le terrain, ce sont eux qui sont les véritables acteurs.
Les entraîneurs sont là pour ajuster ou remotiver, pas plus. Toutes ces histoires autour du « coaching » ou du « génie des entraîneurs pendant le match » relèvent du discours médiatique populiste. On peut bien préparer un match, mais une fois sur le terrain, les choses changent. Regardons ces joueurs qui, à chaque événement majeur, retombent dans leurs travers.
Face au Nigeria, par exemple, on a pu voir des joueurs comme Skhiri, Mejbri, Achouri, Bronn, Talbi et Abdi être éclipsés par Lookman, Osimhen, Adams, Iwobi ou Ndidi, tout simplement parce que ces derniers étaient meilleurs. Nous ne disposons pas de véritables stars, et cela dure depuis des années. Nos expatriés ont certaines qualités, mais ne sont pas encore au niveau de Salah, Mahrez ou Mané.
Un joueur comme Hannibal Mejbri, talentueux et en progrès, n’a pas été capable d’apporter des solutions contre la Tanzanie, tout comme Gharbi, Tounekti ou Achouri. Il est crucial de ne pas surestimer notre potentiel ; nous ne sommes pas une équipe très créative ou dotée de superstars capables de survoler la compétition.
Sami Trabelsi ne peut pas porter seul le poids de cette déception générale et de ce football peu convaincant. Les joueurs ont également des comptes à rendre. C’est tout un football tunisien victime de problèmes durables.

