La magie andalouse du légendaire club de golf de Valderrama

C’est l’un des clubs les plus beaux et les plus prestigieux du monde. Et l’un des plus fermés, aussi. Réservé à ses membres, triés sur le volet, le Real Club Valderrama n’accepte les visiteurs étrangers qu’au compte-gouttes, et à certaines heures uniquement.

Le tarif du greenfee (400 euros pour 18 trous) est d’ailleurs à la hauteur de l’exclusivité des lieux. Mais quand on aime, on ne compte pas. On savoure ! Et, de fait, le parcours andalou est un véritable arboretum. Pas vraiment étonnant si l’on sait qu’il est manucuré, 365 jours par, par une quarantaine de jardiniers à plein temps…

Dessiné en 1975 par le célèbre architecte américain Robert Trent Jones sur les hauteurs de la très luxueuse station balnéaire de Sotogrande, face au rocher de Gibraltar, Valderrama a connu son heure de gloire en 1997 en accueillant la Ryder Cup. C’était la première fois qu’un parcours continental était l’hôte de cette vénérable compétition jusque-là réservée aux clubs anglo-saxons : une véritable révolution !

Depuis, il est devenu un véritable lieu de pèlerinage pour les passionnés de swing. Et, bien sûr, un arrêt quasiment obligatoire pour les stars du golf mondial. Le club a ainsi été le théâtre de nombreux grands tournois, dont une manche mémorable de l’American Express World Golf Championship remportée, en 1999, par Tiger Woods.

Au vrai, Valderrama récompense toujours les meilleurs joueurs. Ce parkland diabolique et cérébral ne pardonne rien Il recèle tous les pièges et oblige, chaque fois, le champion à inventer des coups souvent impossibles.

Des greens ultrarapides

Quelques trous sont emblématiques. On pense, par exemple, au n°4, un par 5 qui se termine sur un green aux mille pentes ceinturé par une cascade d’eau. Un vrai défi technique et tactique. L’immense bunker immaculé du trou n°8 marque également les esprits : un marchand de sable s’y perdrait ! Et que dire du mythique trou n°17, un par 5 que les plus audacieux tentent d’atteindre en deux coups en prenant un maximum de risques. Mais attention : le green d’arrivée, redessiné par Ballesteros en personne, est en pente. Et les balles mal calibrées reviennent volontiers en arrière pour se retrouver – comme par enchantement – dans l’obstacle d’eau voisin !

En réalité, les 18 trous de ce parcours sont délicats à négocier. De multiples pins parasols et des oliviers balisent les fairways. Leurs branches semblent aimantées pour accueillir les balles.

Le rough, subtil, joue également son rôle. Et même lorsque le drive est parfait, il faut au joueur dompter des approches millimétrées. Ceci dit, ce sont les greens qui font surtout la réputation de Valderrama. Ils sont aussi rapides que le marbre d’une salle de bains et aussi illisibles que le hiéroglyphe égyptien ! Lorsqu’un joueur y dépose sa balle, c’est comme si une nouvelle aventure commençait à ses pieds.

Propriété de Jaime Ortiz-Patino, un riche industriel passionné de golf, durant de longues années, Valderrama est passé ensuite entre les mains de différents investisseurs immobiliers. Depuis 2017, il a été racheté, pour 28 millions d’euros, par ses 450 membres. Parce qu’ils se sentent chez eux dans cet endroit en dehors du temps et qu’ils veulent conserver, coûte que coûte, les standards qui font la marque de fabrique des lieux. « Valderrama sera toujours associé à la qualité. C’est son label et son destin », résume Javier Reviriego, directeur général.

Le triangle d’or

La région de Sotogrande est l’une des régions les plus prisées des passionnés. Outre Valderrama, on y trouve, dans un rayon de quelques kilomètres carrés, plusieurs parcours de très haut niveau. On pense au mythique Real Sotogrande, à La Reserva et à San Roque (Old et New Course). Et le magnifique club de Finca Cortesin, où Nicolas Colsaerts remporta la World Cup de match-play en 2012, est à peine plus loin. De quoi étancher la soif de birdies des golfeurs les plus exigeants.