King Kev est de retour: comment Guardiola a remis son joueur sur les bons rails

Buteur ce mercredi soir, Kevin De Bruyne a planté sa septième rose de la saison en championnat. Déjà une de plus que l’an dernier en Premier League. Pourtant, et pour la première fois depuis son arrivée en Angleterre lors de l’été 2015, le maître à jouer des Skyblues a été décrié. Plus assez efficace, plus assez décisif… Quelques mois plus tard, ces critiques sont éteintes. Et paraissent bien loin désormais. Cette renaissance, si on peut l’appeler comme telle, porte un nom: Pep Guardiola.

Phase 1: « Il ne doit rien me prouver »

Regard dans le rétro: entre le 23 octobre et le 11 décembre, KDB ne distribue aucune passe décisive et est muet face aux filets adverses. Pire, il oscille entre le terrain et le banc de touche. De retour après avoir contracté le coronavirus, le Diable est éjecté du onze de base et joue 23 minutes contre Watford le 4 décembre puis 16 contre les Wolves quelques jours plus tard. En Angleterre, les questions fusent à propos de ce maigre temps de jeu. Pep Guardiola garde la tête froide: « Il ne doit rien me prouver. Il est vraiment nécessaire pour l’équipe. Il doit juste faire ce qu’il fait depuis cinq ans », explique-t-il en conférence de presse.

Depuis lors, De Bruyne vient d’enchaîner huit titularisations d’affilée en PL. Mieux, avec 5 buts et 2 assists, il est décisif toutes les 99 minutes. Sur cette période, il se rapproche de ses standards habituels.

L’an dernier, le Diable avait connu une courbe inverse. On fire lors des 6 premiers mois, il s’était peu à peu éteint pendant la deuxième partie de saison. Lors des 19 premières journées, il avait déjà offert 10 caviars et fait trembler les filets à 3 reprises. Il était alors décisif toutes les 101 minutes. Puis, à cause des blessures et d’un calendrier démentiel, il a moins joué et ses statistiques ont chuté: trois buts et deux passes décisives en PL.

Phase 2: « Je veux le pousser à faire plus »

Pep connaît son joueur sur le bout des doigts. L’an dernier, le Catalan n’a peut-être pas assez fait souffler son numéro 17 à des périodes moins cruciales de la saison. Cette année, Guardiola a compris. Après une finale de C1 où il est sorti sur civière et un Euro éprouvant où il a terminé sur une jambe, KDB avait besoin de temps pour se retrouver. Mentalement et physiquement.

Gagner la Premier League n’est pas un sprint, il s’agit d’un marathon. Bonne nouvelle: l’effectif de City est si riche que le coach a pu se passer de son meneur de jeu. Où du moins, il a eu le luxe de l’utiliser à sa sauce, quand il en avait réellement besoin. Ce qui a permis à Kevin de redevenir De Bruyne au meilleur moment: le Boxing Day. Lors de cette période charnière, le titre ne se gagne pas encore, mais il se perd. Et KDB a été particulièrement bon pendant cette véritable messe du football en Angleterre.

Après avoir été patient, le coach veut un KDB encore plus impliqué. Comme il l’a expliqué après l’unique goal incroyable du Gantois lors du choc contre Chelsea en janvier: « Je veux le pousser à faire plus, il est un joueur de classe mondiale. Un joueur pareil, ce n’est pas facile à trouver. Son action sur le but aujourd’hui, ça faisait longtemps que je ne l’avais plus vue. » Pep Guardiola sait surtout une chose: un grand Kevin De Bruyne augmente considérablement ses chances de gagner la C1. La Coupe aux grandes oreilles est LE grand objectif du technicien de 51 ans. Après cela, il aura réussi sa mission chez les Citizens.

C’est également dans cette optique que le Catalan a fait souffler son maître à jouer. Si KDB a retrouvé son meilleur niveau, il le doit évidemment à son incroyable talent. Mais aussi à la gestion humaine du Catalan. Et KDB ne risque pas de l’oublier au moment d’être décisif.