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JO d’hiver 2026 : La trêve olympique ne se réalisera peut-être pas

L’ouverture des JO d’hiver de Milan-Cortina a lieu ce vendredi. En 2008, quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin, la Géorgie et la Russie étaient entrées en conflit pour le contrôle de l’Ossétie du sud.


Le sport en tant que moyen de rassembler et de réconcilier les peuples. L’ouverture de ces JO d’hiver de Milan-Cortina, prévue ce vendredi, ravive l’espoir d’un monde pacifique. Un monde où les conflits s’apaisent pour permettre aux exploits sportifs de s’exprimer. Ce concept est au cœur de la trêve olympique, une tradition ancienne remontant à la Grèce antique, ancrée dans les valeurs fondamentales de l’olympisme. Établie pour les premiers Jeux olympiques en 776 avant Jésus-Christ, elle appelait les nations en guerre à suspendre les combats durant la compétition, ainsi qu’une semaine avant et après.

Cependant, comme l’a souligné Patrick Clastres, historien du sport et professeur à l’université de Lausanne, « car la guerre n’a jamais cessé en Grèce pendant les Jeux ». Il a précisé que « cette trêve olympique est une tradition inventée par le Comité international olympique. » En 1992, en pleine guerre en ex-Yougoslavie, le CIO a renoué avec cette tradition en invitant tous les pays à la respecter. Depuis, les États membres des Nations unies votent tous les deux ans une résolution pour ce faire.

## Un idéal de paix régulièrement violé

Même les papes exhortent chaque JO d’hiver ou d’été au respect de cette trêve olympique. Le pape Léon XIV la qualifie « d’instrument d’espérance », y voyant « un symbole et une prophétie d’un monde réconcilié. » Bien que cette célébration de la paix pendant les JO semble être un idéal, en réalité, cette trêve est souvent ignorée par des dirigeants peu soucieux des valeurs olympiques. Selon Patrick Clastres, à la veille des JO de Paris, « on ne peut qu’approuver l’idée bien sûr si cela pouvait marcher mais il faut être réaliste et reconnaître que ça ne fonctionne pas. »

En 2008, quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin, la Géorgie et la Russie étaient entrées en conflit pour le contrôle de l’Ossétie du sud. Six ans plus tard, après les JO d’hiver organisés à Sotchi, la Russie annexait la Crimée. Ce schéma s’est reproduit en 2022 avec le début de l’invasion de l’Ukraine, survenue quatre jours seulement après la clôture des JO d’hiver de Pékin.

## Les bombardements continuent en Ukraine et à Gaza

Qu’en sera-t-il cette année ? Sur le front ukrainien, les combats persistent et il est difficile d’imaginer que Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky respecteront la trêve olympique. Celle-ci devant commencer une semaine avant le début des épreuves, elle a déjà été enfreinte, des frappes ayant de nouveau touché l’Ukraine cette semaine.

À Gaza, les bombardements israéliens ont également causé 24 morts mercredi, Tsahal indiquant avoir réagi à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens. Il apparaît donc que la trêve olympique demeure un vœu pieux, malgré les appels du pape et du CIO.