JO 2026 : Quentin Fillon Maillet parle des Alpes 2030 au biathlon
Quentin Fillon Maillet a remporté sa quatrième médaille aux JO de Milan-Cortina ce vendredi à Anterselva, dont une médaille de bronze sur la mass-start. À 33 ans, il est le seul athlète français de l’histoire à compter neuf médailles olympiques.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
Quentin Fillon Maillet se demande si Roger Federer a une part de responsabilité dans ses énormes performances aux JO de Milan-Cortina 2026. Le biathlète jurassien a été marqué par une interview du célèbre tennisman suisse, qui a déclaré avoir remporté « 54 % de ses points durant toute sa carrière ». « Quand on constate cela, on se dit que ce n’est pas tant que ça, mais il a gagné les bons points, souligne le biathlète tricolore. C’est ce qu’il faut faire pour devenir un grand champion : on n’a pas besoin d’être parfait tout le temps, il s’agit de saisir les bonnes opportunités. »
Quentin Fillon Maillet s’est spécialisé dans cette quête tout autant que l’ex-champion aux 20 tournois du Grand Chelem. Ses cinq médailles obtenues à Pékin étaient présumées être un point de départ évident avant une chute en Coupe du monde dès la saison suivante. À 33 ans, « QFM » demeure une redoutable compétitrice, comme le prouve sa médaille de bronze acquise ce vendredi lors de la mass-start, ajoutant ainsi une quatrième médaille à son palmarès en Italie, après ses médailles d’or sur les deux relais et lors du sprint.

Encore ultra-dominateur sur les skis
Avec lui, il ne s’agit pas de parler de deux semaines éreintantes ou de conditions climatiques capricieuses. En effet, « QFM » s’est battu jusqu’au dernier tour pour devancer l’Allemand Philipp Horn, dépassé dans la grosse bosse d’Anterselva. « Quentin, c’est dans sa nature, il ne lâche rien, que ce soit à l’entraînement ou en compétition, apprécie Simon Fourcade. Quand il a une idée en tête, il s’y tient. C’est ce qui rend les choses compliquées parfois, car cela comporte du bon et du moins bon. »
Sa capacité à dynamiser une course jugée plutôt décevante ce vendredi témoigne de la qualité de sa performance. Ultra-dominant sur les skis tout au long de la compétition (+ 36 secondes d’avance sur Sturla Laegreid), Quentin Fillon Maillet n’a cependant pas pu se mêler à la lutte pour l’or en raison de quatre balles ratées. Toutefois, il éprouve une immense satisfaction d’être l’unique athlète français de l’histoire à détenir neuf médailles olympiques.
« Vous parlez plus souvent de ce record que je n’y pense, sourit l’intéressé, se tournant vers les journalistes avec sa neuvième médaille olympique autour du cou. Une carrière comporte souvent plus d’échecs que de succès, mais il est vrai que lors de ces deux derniers JO, la tendance a été différente pour moi. » Tout sourire après sa dernière épreuve à Anterselva, Quentin Fillon Maillet reconnaît qu’il est « exceptionnel d’avoir battu des figures comme Teddy Riner, Martin Fourcade, Léon Marchand et d’autres ».
« QFM » ambitieux aussi en Coupe du monde ?
Dans cet élan, le biathlète a poursuivi tout seul, sans qu’aucune question sur son avenir à long terme ne soit posée : « C’est exceptionnel de vivre ces moments-là, et cela me fait encore plus rêver à l’idée de viser les Alpes 2030. Ce n’est pas une annonce officielle, bien entendu. Je me dis que si je parviens à gérer mon emploi du temps, ma famille [il va devenir papa pour la première fois dans quelques mois], ma motivation et mes performances, alors pourquoi pas. J’adore le biathlon, m’entraîner, courir, et bien sûr, gagner. »
Cette insatiable soif de titres lors des grands événements est quelque chose que son colocataire à Anterselva, Eric Perrot, a pu observer de près depuis deux semaines. « C’est impressionnant, estime le jeune Savoyard. Au niveau humain, c’est magnifique à voir, et je suis fier de pouvoir suivre son parcours. Il a réussi des Jeux de Pékin exceptionnels, et il parvient à réitérer cela quatre ans plus tard malgré de nombreux moments difficiles. Il fait partie des véritables costaud de la Coupe du monde. » Une Coupe du monde que « QFM » a hâte d’intégrer à nouveau, après avoir regagné confiance dans le Sud-Tyrol.
Il n’est actuellement que cinquième du classement général à 331 points du leader Eric Perrot, mais le surnom « morbac », donné par le staff français, ne l’a pas dissuadé. « Je ne sais pas si je peux encore espérer retrouver le maillot jaune, mais ces JO me donnent beaucoup de motivation et de confiance pour l’avenir. Je me souviens de la fin de saison précédente après Pékin, qui a été exceptionnelle. » Et si l’on assistait à une bataille passionnante entre colocataires sur le circuit de Coupe du monde, puis aux JO en France, avec un « QFM » toujours impressionnant à 37 ans ?

