JO 2026 : Julia Simon réagit aux critiques sur les grands événements de biathlon
Julia Simon a été condamnée fin octobre 2025 à trois mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende après avoir avoué sa faute devant le tribunal correctionnel d’Albertville. La biathlète a déclaré : « je n’ai jamais été la meilleure fondeuse ni la meilleure shooteuse », reconnaissant ainsi son parcours dans le biathlon.

De notre envoyé spécial à Anterselva,
Julia Simon, qui évoque Samir Nasri, ne figurait clairement pas sur notre liste des surprises aux JO d’hiver de 2026. En plaçant son index devant sa bouche et en se tournant un instant vers la zone des médias, la nouvelle championne olympique de l’individuel à Anterselva a rappelé la réaction de l’ancien milieu de terrain des Bleus après un but marqué contre l’Angleterre (1-1) à l’Euro 2012.
Pourquoi une telle démonstration de colère pour la Savoyarde, si calme dans son biathlon depuis le début des Jeux de Milan-Cortina, comme en témoignent son sans-faute de 10 sur 10 au tir lors du relais mixte et son 19 sur 20 ce mercredi, lui permettant de devancer de 53,1 secondes sa compatriote Lou Jeanmonnot, réalisant ainsi un doublé tricolore ? Ses éléments ont été clarifiés lors de son passage au micro d’Eurosport.
Une condamnation en octobre 2025
« Maintenant, ce que j’aimerais, c’est qu’on me foute la paix, en toute honnêteté, parce que j’ai encore lu des choses hier soir qui ne font pas plaisir, a-t-elle déclaré. Je pense que j’ai prouvé que j’avais ma place aujourd’hui, déjà avant, et que je n’ai plus rien à prouver à personne. Maintenant, j’aimerais juste qu’on me laisse faire mon biathlon. » Depuis plus de trois ans et l’affaire de vol et de fraude à la carte bleue impliquant Julia Simon, dont sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet faisait partie des victimes, son nom est souvent associé à des affaires extra-sportives.
Condamnée fin octobre à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 15.000 euros, après avoir reconnu sa faute devant le tribunal correctionnel d’Albertville, la lauréate du gros globe de cristal 2023 a poursuivi : « La page a été tournée au sein de l’équipe. On a parlé, maintenant, on est là pour gagner des médailles. S’il vous plaît, arrêtez, que ce soit les médias ou le public, ce serait vraiment appréciable pour tout le monde.
Julia Simon très émue sur le podium
Après avoir eu du mal à retenir ses larmes durant la Marseillaise, qui accompagnait le dernier titre majeur manquant en individuel, sous les flocons d’Antholz, Julia Simon a rejoint la zone d’interviews. Son courroux était adressé à notre confrère de L’Équipe (comme Samir Nasri à l’époque), à qui elle a déclaré : « Toi, tu ne poses pas de questions. » La veille, celui-ci avait publié un article revenant sur cette longue période de tensions au sein de l’équipe de France féminine de biathlon, ce qu’elle n’a donc pas du tout apprécié, juste avant une telle échéance sportive. Cela illustre un sentiment de revanche plus général qu’elle semblait éprouver vis-à-vis de l’opinion publique en France.
Sans transition, à la première question lui demandant si c’était le plus beau jour de sa vie, Julia Simon a retrouvé un large sourire. « Ça reste du sport mais ça amène des émotions incroyables et un sentiment de fierté, confie-t-elle. Sportivement parlant, c’est peut-être le plus beau jour oui, c’était un rêve de gosse. J’étais très émue sur le podium parce que tous les moments de doute, les bons moments, les personnes qui m’ont accompagnée, tout cela remonte alors.
L’échec de Pékin 2022 semble très loin
Bien plus ouverte que d’habitude face aux médias, Julia Simon a analysé dans la foulée sa belle évolution au meilleur moment. Jusqu’à ce double couronnement, en bouclant le relais mixte victorieux des Bleus en patronne dimanche, puis en surpassant la concurrence ce mercredi.
« L’individuel, ce n’était pas du tout ma course de base. L’année dernière était difficile pour moi, je n’étais pas bien sur les temps de ski. J’ai appris à faire les choses différemment, à être plus patiente, à vraiment me calmer… et à mettre les balles ! Aujourd’hui, quand je loupe une balle, j’arrive tout de suite à l’analyser et à ne pas refaire cette erreur. »
Satisfaite de son « back to back » sur l’individuel, en comptant celui des Mondiaux 2025 de Lenzerheide (Suisse), elle efface ainsi son expérience très nuancée des JO de Pékin 2022. « Je m’étais écrasée après être arrivée en tête sur le dernier tir, se souvient-elle. J’avais raté des balles et m’étais promis que cela ne se reproduirait plus. Là, je me suis appuyée sur mon expérience et ma confiance.
Forte d’une « capacité psychologique hors normes »
Deux qualités qui distinguent désormais la biathlète de 29 ans de la concurrence, comme le confirme l’entraîneur des Bleues, Cyril Burdet. « Elle se transcende sur les grands événements, ce n’est pas donné à tout le monde, souligne-t-il. Elle me surprend tous les jours par sa capacité psychologique hors normes. Dans la dernière bosse, quand je lui annonce qu’elle joue la gagne avec Franziska Preuss [avant ses deux échecs au dernier tir debout], je me dis qu’elle sera vraiment difficile à aller chercher vu sa montée.
Avec un troisième temps sur les skis ce mercredi, à 31,2 secondes de Lou Jeanmonnot (18 sur 20 aux tirs), et son adresse chirurgicale sur le pas de tir, Julia Simon n’a sans doute pas fini de nous étonner durant ces Jeux. « Depuis qu’on est là, je la trouve vraiment prête. Il y a à la fois de la décontraction, de la détermination et une énorme sérénité dans tout ce qu’elle fait, » énumère Cyril Burdet.
« Ni la meilleure fondeuse, ni la meilleure shooteuse »
Et cette « énorme sérénité » n’était clairement pas acquise pour Julia Simon au début, compte tenu de sa suspension d’un mois imposée par la fédération, ce qui a entraîné un début de saison compliqué. Seulement 12e au classement général de la Coupe du monde (à 441 points de Lou Jeanmonnot !), elle est aujourd’hui transformée. Et lucide concernant sa trajectoire.
« Je n’ai jamais été la meilleure fondeuse ni la meilleure shooteuse, admet-elle. On m’avait dit que je ne serais qu’une biathlète de coups. Ça m’avait vexée car j’avais envie d’être une biathlète régulière. Peu de gens avaient misé sur moi au début. C’est donc une grande fierté d’être devenue une bonne biathlète. » Quadruple championne du monde en individuel et désormais double championne olympique, on peut effectivement parler de « bonne biathlète ».

