JO 2026 – Hockey : Pierre Crinon ne participe pas pour violation de l’esprit olympique
Pierre Crinon a été expulsé des Jeux olympiques par la Fédération française de hockey sur glace (FFHG) pour son comportement lors de la rencontre contre le Canada. Il a reçu une sanction de sept matchs de suspension en raison de son geste violent qui a blessé un adversaire, Matt O’Connor.
La scène est devenue virale sur les réseaux sociaux. Dimanche, lors d’un match à l’Arena Santagiulia, le Français Pierre Crinon a donné un coup de coude au visage du Canadien Nathan MacKinnon, qui ne tenait même pas le palet. Ce geste gratuit a entraîné une bagarre avec Tom Wilson, venu défendre son coéquipier.
Les deux joueurs ont échangé des coups sans retenue, contraignant les arbitres à intervenir, souvent au prix de quelques chocs. Les deux ont été expulsés. En quittant la glace, Crinon a provoqué le public canadien, massé dans les tribunes. Ce match a été sa dernière apparition dans ces Jeux olympiques, la Fédération française de hockey sur glace (FFHG) l’ayant sanctionné ce lundi.
Les bagarres sont habituelles en hockey sur glace, autorisées et encadrées en NHL, mais interdites sur la scène internationale. Après la rencontre, les coéquipiers de Crinon n’ont pas vraiment pris sa défense. « Je ne sais pas si nous avons besoin de nous battre comme ça », a déclaré Dylan Fabre, tandis que Sacha Treille a souligné que cela « n’est pas quelque chose que l’on aime voir aux Jeux olympiques ». L’esprit de Coubertin semble en effet éloigné.
« Suite à l’expulsion et à l’attitude de Pierre Crinon lors du France-Canada », Pierre-Yves Gerbeau, président de la FFHG et chef de mission adjoint de la délégation, a convoqué le défenseur lundi matin « pour faire toute la lumière sur cet incident », en présence du directeur technique national Antoine François et du staff.
Le verdict est tombé peu après 20 heures. La FFHG rappelle « le devoir d’exemplarité » des joueurs de l’équipe de France. « À ce titre, le comportement provocant de Pierre Crinon à sa sortie de la glace, alors même qu’il venait de se faire exclure de la rencontre pour une bagarre, constitue une violation manifeste de l’esprit Olympique et porte également atteinte aux valeurs de notre sport. » La FFHG a donc décidé, « en plein alignement avec le CNOSF », de l’écarter de l’équipe pour le reste des JO.
La sévérité de la sanction peut être liée au parcours de Crinon. « Un peu nerveux à cet âge », Pierre Crinon a commencé le hockey sur glace à 4 ans. « J’aime bien aller au contact, j’aime bien défendre mes coéquipiers », a-t-il indiqué en 2019, insistant sur son « côté protecteur ». Toutefois, il semble parfois exprimer cela de manière excessive.
Le 30 novembre, il avait été impliqué dans une altercation lors d’un match contre Angers. Le gardien adverse, Matt O’Connor, avait reçu un coup de poing au niveau de l’œil, nécessitant 13 points de suture à l’arcade sourcilière et souffrant toujours des conséquences d’une commotion cérébrale. O’Connor n’a pas rejoué depuis.
Matt O’Connor, qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations, a porté plainte pour coups et blessures contre Crinon, mais la justice n’a pas donné suite. Cependant, le défenseur grenoblois a écopé d’une sanction sportive : sept matchs de suspension et l’obligation de participer à des actions pédagogiques sur la prévention de la violence dans le sport.
Pierre Crinon s’était excusé de son comportement sur les réseaux sociaux : « J’ai franchi une limite qu’aucun joueur ne devrait franchir. Ces gestes sont inacceptables, ont blessé un adversaire, mis en danger un autre joueur, choqué beaucoup de personnes et porté atteinte à l’image de notre sport. » Il a ajouté : « Cet épisode doit devenir un véritable point de bascule dans ma manière d’aborder mon métier et mes responsabilités. » L’épisode de dimanche crée de l’embarras, comme le confirme la sanction de la FFHG.
Les Brûleurs de Loups de Grenoble, le club phare du championnat de France où joue Crinon, ont choisi de ne pas faire de commentaire. Fabrice Lhenry, son ancien entraîneur à Rouen, a également préféré ne pas se prononcer : « Je préférerais parler du hockey en général, promouvoir notre sport, que de parler d’un individu. » Une victoire contre l’Allemagne et un quart de finale contre la Slovaquie pourraient apporter un peu d’optimisme.

