Heptathlon: l’émouvant message de Katarina Johnson-Thompson…

La dernière épreuve de la première journée de l’heptathlon, le 200 m, a malheureusement été fatale à Katarina Johnson-Thompson. À la sortie du virage, la Britannique, au couloir 4, a coupé son effort avant de se coucher sur la piste, se tâter la jambe, puis se prendre la tête entre les mains. Principale concurrente de Nafi Thiam pour le titre olympique, KJT a été secourue par le service médical, mais a refusé de se laisser emmener en fauteuil roulant, mettant un point d’honneur à terminer sa course, sur une jambe.

Bien sûr, on a pensé à cette fameuse déchirure/rupture du tendon d’Achille dont elle a été victime en décembre dernier et pour laquelle elle portait un énorme bandage sur la jambe droite. Mais, par après, la Fédération britannique a évoqué une blessure au mollet n’ayant absolument rien à voir avec ce tendon douloureux. Peu importe, finalement. À 28  ans, Katarina Johnson-Thompson a, hélas, vu s’évanouir son rêve de sacre olympique, elle qui ne s’était classée que sixième en 2016, à Rio.

Au lendemain de cette désillusion et avant le 800 m, où Nafi Thiam ambitionnera le titre olympique, la championne du monde en titre raconte sa peine dans un message partciulièrement émouvant…

« Je ne sais pas par où commencer pour essayer d’exprimer ce que je ressens. Seule une poignée de personnes comprennent par quoi je suis passée. Et encore moins les défis physiques et mentaux que j’ai relevés pour tenter de me rétablir, avec cette pandémie, de ma rupture du tendon d’Achille fin décembre. J’ai commencé l’année dans un fauteuil roulant et je ne voulais pas terminer ma campagne olympique de la même manière.

Me présenter sur la ligne de départ était un miracle. Au-delà de ça, le fait que j’étais occupée de signer un score décent, compte tenu des circonstances, est déchirant. Je pensais vraiment être capable de décrocher une médaille, malgré ces six derniers mois sans entraînement.

Plus que jamais, je suis fière de ce que j’ai montré, de ce que j’ai tenté. Il aurait été très facile de déclarer forfait, expliquer que je n’étais pas prête et maudire cette blessure, mais je ne suis pas ce genre d’athlète, ni de personne. Je suis une battante et je ne supporte pas d’abandonner. Je ne peux dormir tranquille que quand je m’applique chaque jour et pousse jusqu’à ce que je ne puisse plus pousser.

J’ai beaucoup sacrifié, déménageant depuis cinq ans en France, loin de ma famille et de mes amis. J’ai mal au coeur en voyant que tout le travail, le mien et celui de mon équipe, depuis huit mois s’est terminé ainsi. Et je déteste que mon histoire se soit terminée dans le chagrin. J’ai été touchée si souvent et je me suis relevée, mais il me faudra beaucoup de temps pour accepter cette réalité.

J’apprécie tous les gentils message. Merci. »