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France-Croatie : Qui a dit qu’on était nuls aux tirs au but, déjà ?

De notre envoyé spécial au Stade de France,

Un aveu pour commencer. Armé de notre suffisance routinière, on n’avait absolument aucun stress avant de voir Théo Hernandez s’élancer en dernier pour envoyer la France au Final Four, mais le latéral milanais ne sort pas d’une demi-saison milanaise immonde pour rien. Bref, tout ça pour dire qu’une fois son penalty expédié dans la Seine, on est vite passés à autre chose.

« Avec Mike, on part avec un avantage »

Avec Magic Mike dans les buts, comment dire, on ne vit plus les séances de tirs au but avec la même inquiétude. On peut paumer bien sûr, et ça ne manquera pas d’arriver, mais comme le dit Mbappé, « Quand on a Maignan, on part avec un avantage aux tirs au but. ». C’était même réglé bien avant cette histoire, puisque le Milanais était rentré dans la tête des tireurs croates dès le match aller. Un penalty arrêté passé un peu inaperçu vu le match cata des Bleus, mais un penalty qui a posé les bases de cette séance maousse, avec deux plongeons de chat angora sur sa gauche pour dégoûter Baturina et Stanisic, respectivement premiers et sixièmes tireurs.

« « C’est un duel psychologique, précisait humblement le héros du soir. On arrive à la fin d’un match où les joueurs ont beaucoup couru, la lucidité n’est pas trop là. C’est important de prendre beaucoup de place dans le but et d’essayer de dominer. Les tireurs ont un but grand. Nous, on doit prendre tous les outils qu’on a ». »

Au-delà de sa réussite personnelle, par nature mouvante même si les stats parlent pour lui (sur 17 penaltys ou tirs au but avec Maignan dans les cages, sept ont été arrêtés ou stoppés), c’est toute l’équipe qui redresse les épaules avant de s’y coller, rassurée par le duplex occupé par leur gardien dans les têtes adverses. « C’est sûr qu’en ce moment, on est de plus en plus en confiance, on sort de deux séances de tirs au but qu’on gagne, on a un super gardien qui nous aide à être en confiance, il dégage quelque chose qui fait que c’est encore plus difficile pour le tireur ». Parlez-en à Joao Felix, qui avait trop croisé son tir avec le Portugal, de peur que Maignan déploie ses gadgeto-bras pour l’arrêter.

Il débloque aussi les tireurs tricolores

En parlant de tir trop croisé, c’est un autre effet positif de la prise de pouvoir de l’ancien lillois : ses coéquipiers ne s’avancent plus vers le point de pénalty comme s’ils allaient à leur exécution, à l’image du milieu madrilène, qui n’avait plus pris un seul péno depuis son raté en finale du Mondial 2022 contre les Argentins : « J’allais pas ne plus tirer de tirs au but jusqu’à la fin de ma vie (sourire). Je savais qu’un jour j’aurais une nouvelle opportunité de tirer, depuis la finale de 2022, je travaille encore plus les penalties. Chacun prend ses responsabilités, tout le monde a déjà raté des penalties ».

Les Français de moins en moins, tout de même : avec cette victoire arrachée aux Croates, la France a désormais remporté autant de séries de tirs au but qu’elle n’en a perdues dans son histoire. Le genre de (bonne) nouvelle à redonner vie au plus grand what if du foot français des dernières années. Et si Deschamps avait eu l’audace de faire rentrer Maignan pour les tirs au but contre l’Argentine ? Oui, à 20 minutes, on adore se faire du mal.