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Football : Il renonce à son rêve de devenir pro à cause de la taille de son sexe

Sikou Niakaté, auteur et documentariste français, n’a jamais pu accomplir son rêve de devenir footballeur professionnel en raison de complexes liés à son intimité. Mesurant 1,92 m au collège, il a joué au foot trois heures par jour minimum, mais a décidé de ne jamais jouer au foot en club à cause de moqueries qu’il a subies durant son enfance.


Devenir footballeur professionnel était le rêve de Sikou Niakaté, un auteur et documentariste français. Cependant, il n’a jamais pu réaliser ce rêve, non pas par manque de talent, mais en raison de complexes liés à son intimité. Dans une interview accordée à L’Equipe, il partage un témoignage touchant sur ce sujet.

« Enfant, je ne désirais qu’une chose, devenir footballeur. Je rêvais de Manchester United », confie cet homme de 34 ans. « Je jouais dans mon quartier à Paris, dans le 19e arrondissement, et je m’entraînais au moins trois heures par jour. J’étais fort. Excellent même », ajoute-t-il. Mesurant 1,92 m au collège, il possédait de grandes qualités techniques.

Cependant, malgré son potentiel évident, il n’a jamais rejoint un club. Il explique que sa prise de conscience concernant la taille de son pénis, qu’il jugeait trop petite, représentait un réel complexe. « Accepter l’idée des douches collectives, pour moi, c’était impensable. Impossible. Ce que je cachais allait devenir visible », révèle-t-il. Sans détour, Sikou Niakaté évoque deux moments marquants de son enfance : d’abord une remarque de sa sœur, puis les moqueries d’un ami après un match.

« Tu as une toute petite bite, c’est un truc de fou », a-t-il lancé en pouffant de rire, une phrase très douloureuse pour Sikou Niakaté. « Je suis mort à l’intérieur. Je marchais derrière lui en regardant le sol, la tête baissée. J’ai donc décidé de ne jamais jouer au foot en club. Jamais, jamais. Certains disent qu’ils n’ont pas pu faire carrière à cause de leur genou ; moi, j’ai eu les croisés du calbar ! », s’exclame-t-il avec une pointe d’ironie.

Le réalisateur du documentaire Dans le noir, les hommes pleurent, disponible sur YouTube, se considère comme « puni par la loterie génétique ». Bien qu’il ait réussi à surmonter une partie de cette douleur à travers ses relations amoureuses, la blessure reste profonde. « J’ai conscience que la taille du sexe a pris une importance irrationnelle dans ma vie. Mais c’est irrationnel par rapport à l’urgence du monde ; à l’échelle de ma vie, c’est ma guerre intérieure », conclut-il.