En plaçant De Bruyne sur le banc face à Tottenham, Guardiola a envoyé un signal fort : “Nous manquons de passion, de feu et du désir de gagner”

Pour la première fois de la saison, le maître à jouer des Skyblues est resté sur le banc durant l’intégralité de la rencontre. Un choix étonnant quand on sait que le Diable rouge avait déjà été laissé au repos contre Chelsea en FA Cup le 8 janvier et pendant 45 minutes contre Southampton trois jours plus tard. Ce n’était d’ailleurs que la deuxième fois cette que KDB débutait une rencontre sur le banc en Premier League. La première fois, c’était contre Nottingham (victoire 6-0) pour lui permettre de se reposer avant le premier match de Ligue des Champions.

Une piste possible pour expliquer sa mise sur le banc pourrait venir du fait que le Diable a manqué un entraînement collectif en début de semaine. Pas en raison d’une blessure mais plus “à cause d’un problème personnel”, avait affirmé Pep Guardiola en conférence de presse avant la rencontre face aux Spurs, précisant néanmoins qu’il était bien prêt à jouer la rencontre.

Pour une partie de la presse anglaise, sa mise sur le banc serait davantage une forme de sanction suite à sa mauvaise prestation face aux Red Devils le week-end dernier lors de laquelle les Skyblues se sont inclinés 2-1. Le Diable rouge n’aurait d’ailleurs pas été la seule victime de cette contre-performance puisque John Stones et Rico Lewis ont remplacé Walker et Cancelo en défense alors que Foden et Bernardo Silva devaient céder leur place à Alvarez et Grealish.

Interrogé par le Nieuwsblad, l’entourage du joueur a néanmoins tenu à rassurer : “Kevin a en effet manqué un entraînement mais il n’est pas sanctionné. Il n’y a aucune raison pour cela. Ne vous faites pas de soucis.”

Faire de la mise de KDB sur le banc un exemple

Il est malgré tout possible que Pep Guardiola ait voulu faire un exemple avec la mise sur le banc de Kevin De Bruyne (ainsi que d’autres joueurs clés) face aux Spurs. Les Citizens ne sont pas en grande forme et le manager espagnol a voulu réveiller son groupe.

En interview après la rencontre face à Tottenham, il s’est également montré très critique envers la mentalité de ses joueurs : “Je ne peux pas nier le fait que nous soyons très heureux après le match de ce jeudi, mais on est très loin du niveau que nous avions”, a-t-il expliqué avant de compléter sa pensée, “mes joueurs jouent parce que ‘le manager m’a dit de jouer comme ceci et comment y arriver’, mais cela ne vient pas du fond du cœur ou des tripes.”

Face aux Londoniens, l’Espagnol est d’ailleurs conscient que son équipe a eu beaucoup de chance : “Tôt ou tard, nous allons encore lâcher des points. Nous manquons de passion, du feu et du désir de gagner à partir de la première minute”, s’est-il montré acerbe, précisant que c’était également son rôle de remettre “le club à l’endroit”.

De manière plus surprenante, Guardiola s’en est également pris à ses propres supporters qui ont sifflé les joueurs à la mi-temps : “Ils nous ont sifflés parce que nous perdions mais peut-être que c’est le même problème que notre équipe. Peut-être que c’était trop confortable de remporter quatre Premier League lors des cinq dernières années”, a-t-il déclaré en faisant le parallèle avec Arsenal qui n’a plus remporté la Premier League depuis 20 ans, “J’aimerais également retrouver le soutien des fans à l’Etihad Stadium. Je veux leur soutien pour chaque corner et chaque action. Nous devons le faire mais tout le monde est détendu.”

Avec de telles déclarations, Pep Guardiola cherche à réveiller tout son club, des joueurs aux supporters pour qu’ils retrouvent le feu sacré et l’envie de se battre. À commencer par Kevin De Bruyne, qui malgré son statut, n’est plus un intouchable, son entraîneur vient de lui en donner la meilleure preuve.