Dans la forme de sa vie, Van Aert continue sa moisson: « Le résultat de mon travail »

C’est un grand numéro que Wout Van Aert nous a offert à l’occasion de la sixième manche du Superprestige à Heusden-Zolder. Sur le circuit où le Campinois s’était emparé du premier de ses trois titres mondiaux en janvier 2016, il a confirmé son excellente forme du moment. Après un départ canon, un premier tour tonitruant, il a porté l’estocade dans le deuxième des neuf tours pour s’isoler une quinzaine de secondes devant des adversaires pris à la gorge.

«  Hier soir (dimanche), avoua-t-il. Je ressentais les efforts fournis (pour gagner à Termonde). Un cross boueux est toujours très dur pour le corps, mais à l’échauffement, j’ai senti que j’avais récupéré. Ici, c’est une des rares courses où ce n’est pas un désavantage de partir du deuxième rang. Je suis bien parti, je me suis directement senti bien et j’ai voulu creuser l’écart car j’avais vu que Mathieu (Van der Poel) n’avait pas bien démarré. »

À la mi-course, le coureur de Jumbo-Visma possédait une minute d’avance sur le trio Iserbyt-Pidcock-Hermans. Ensuite, malgré une belle glissade, Van Aert se contenta de maintenir son rythme élevé pour s’en aller conquérir une cinquième victoire en autant de courses.

« Cela faisait des années que je ne m’étais pas aussi bien senti dans les cross, je ne crois pas d’ailleurs en avoir jamais gagné cinq de suite, ça veut dire beaucoup. C’est le résultat de mon travail et la continuation de la bonne saison sur route », poursuivit-il.

Van Aert n’a pas une bonne mémoire car il avait déjà réussi cette performance à deux reprises depuis son passage chez les pros. C’était durant l’hiver 2015-2016 qu’il avait débuté aussi par cinq succès consécutifs avant de gagner plus tard cinq autres épreuves de suite, à Hamme, Essen, Mol, Francorchamps et Anvers. Un certain Van der Poel avait mis fin à cette série en le battant d’une seconde à Namur ! S’il s’impose jeudi à Loenhout, Van Aert réussira donc la meilleure série de sa carrière.

« Partout où je prends le départ, c’est pour gagner, comme ça a toujours été le cas, admit-il. J’ai beaucoup donné déjà, notamment ces deux derniers jours. Il est temps de m’épargner pour conserver mon titre de champion de Belgique. »

La prestation de Van Aert fait d’autant plus de bruit que, dans le même moment, Van der Poel connaissait une journée particulièrement difficile. Enfermé au départ, le champion du monde est entré en 14e position dans la pinède et c’est de loin qu’il a assisté à l’envol de la fusée Van Aert. Après avoir tenté de mener la poursuite derrière le fuyard, MvdP a cédé imperceptiblement du terrain, jusqu’à se faire lâcher du premier groupe. Neuvième à la fin du quatrième tour, il s’est retrouvé ensuite 14e puis 17e quand, aux deux tiers de la course, il s’est retiré avant de rentrer chez lui sans s’expliquer.

« Il n’y a eu ni chute, ni blessure, mais seulement un jour sans », communiqua son équipe en reprenant les explications du coureur.

Iserbyt : la bonne affaire

À bonne distance de Wout Van Aert, Eli Iserbyt a également effectué une belle opération au classement du Superprestige dont l’épreuve d’Heusden-Zolder était la sixième des sept manches après l’annulation de celle de Diegem. Le Flandrien a fini troisième, devancé de très peu après un sprint serré par Tom Pidcock.

Au classement du plus ancien trophée de régularité, il a doublé son avantage sur Toon Aerts (5e) pour le porter à quatre points. La dernière course sera disputée à Gavere, le 12 février, deux semaines après le Mondial, il suffira donc à Iserbyt de ne concéder que quatre places à Aerts pour s’imposer, alors que Van Aert, Van der Poel et Pidcock se focaliseront sur les classiques.

« C’est un scénario idéal, même si j’aurais préféré finir deuxième et battre Pidcock au sprint, mais je ne suis pas parvenu à le distancer dans les derniers tours et il a eu beau jeu de me laisser rouler le plus souvent car je devais défendre mon classement », expliqua le no 1 mondial. « Je ne me sentais pas à 100 %, mais ce circuit, plus rapide et plus technique, me convenait mieux que celui de Termonde. En plus, dimanche, même si c’était très dur, j’avais pu lever un peu le pied car ma position en Coupe du monde est bien plus confortable. «