Sport

Dakar : Stéphan Peterhansel parle d’un retour aux sources en Defender

Stéphane Peterhansel a remporté quatorze victoires, dont huit en auto et six en moto, au Dakar qui se déroule actuellement en Arabie Saoudite. Pour la première fois, il dispute l’épreuve au volant d’une voiture proche de la série, un Defender Octa engagé par l’usine Land Rover.

Avec quatorze victoires, dont huit en auto et six en moto, Stéphane Peterhansel est le maître incontesté du Dakar, qui se déroule actuellement en Arabie Saoudite. Pour la première fois, le Français participe à l’épreuve au volant d’une voiture proche de la série, un Defender Octa engagé par l’usine Land Rover. Une expérience qu’il semble apprécier, comme il nous l’a confié ce mercredi au départ de la quatrième étape, à Al Ula.

Qu’est-ce que cela fait de conduire une voiture quasiment de série après avoir remporté huit fois cette compétition au volant de prototypes puissants ? Cela nécessite-t-il une conduite différente ?

Oui, c’est une conduite complètement différente ! Surtout, j’ai l’impression de revenir aux sources. Lorsque le Dakar a commencé il y a quarante-cinq ans, il n’y avait pas de prototypes. Tout le monde prenait une voiture de série, la préparait un peu et essayait de terminer. Ici, on est un peu dans cette configuration. C’est un défi complètement nouveau pour moi, mais c’est un beau défi porté par Defender, une véritable marque de voitures d’aventure et de tout-terrain. Elle a une vraie raison de faire ce Dakar. Et je suis super heureux de les accompagner, en essayant de faire de mon mieux en apportant mon expérience.

« Avec le Defender Octa, c’est le retour aux sources, quand tout le monde engageait des voitures de série. » - HELENA CLANCY

Est-ce également un défi sportif ?

Oui, c’est un défi, car je me retrouve au milieu de la meute, sans les mêmes capacités qu’avec un prototype. Mais c’est intéressant à conduire, la voiture est plaisante. Donc, nous allons essayer de l’amener chaque jour à la fin de chaque étape et sur le podium à l’arrivée.

Étape 3 du Dakar 2026, 6 janvier 2026 près d'Al-Ula, Arabie saoudite.
Étape 3 du Dakar 2026, 6 janvier 2026 près d’Al-Ula, Arabie saoudite. - Florent Gooden / DPPI

Vous avez déjà gagné la troisième étape, donc la voiture est compétitive et vous vous êtes rapidement adapté à la catégorie…

Oui, mais il faut penser à être une équipe soudée pour essayer d’amener les trois voitures à l’arrivée. C’est la première année de Defender en compétition. Or, nous savons qu’en compétition, c’est toujours compliqué de tester les voitures, et la première année est généralement délicate. Donc, nous croisons les doigts et nous allons essayer de continuer ainsi. Lors de la première étape, j’ai rencontré un petit souci de direction assistée, mais depuis, nous remontons au classement [jeudi soir, Stéphane Peterhansel occupait la deuxième place de la catégorie voitures de série, derrière un de ses équipiers de chez Defender].

Comment jugez-vous l’évolution du Dakar au fil des années ?

Le Dakar est devenu de plus en plus un sprint. Avant, ce étaient de longues distances, une véritable aventure. La navigation était bien plus compliquée, les gens se perdaient parfois pendant six heures ou même un jour entier au fond du désert. Aujourd’hui, on peut se perdre, mais pas plus de cinq minutes ! Nous avions bien plus peur à l’époque : si nous manquions une information du roadbook, nous n’avions aucune possibilité de savoir où nous étions exactement. À présent, nous ouvrons Google Maps et le savoir immédiatement !

Stéphane Peterhansel et son copilote Michaël Metge en action durant l'étape 4 du Dakar 2026, 7 janvier 2026, entre Al-Ula et le Bivouac Refuge.
Stéphane Peterhansel et son copilote Michaël Metge en action durant l’étape 4 du Dakar 2026, 7 janvier 2026, entre Al-Ula et le Bivouac Refuge. - Land Rover

Vous vous êtes réellement perdu dans le passé ?

Oui, j’ai passé quelques nuits entières dans le désert. Surtout à moto, quand j’ai commencé !

Avez-vous eu peur ?

Si vous aviez un accident au milieu de nulle part et que personne ne vous voyait, vous ne pouviez pas être secouru. Vous deviez compter sur la chance, attendre de voir si quelqu’un passait par le même chemin que vous, et non pas sur une route parallèle. Heureusement, la sécurité a beaucoup évolué. Quand j’ai commencé, il n’y avait pas de GPS, nous utilisions juste une boussole, comme sur un bateau. Mais année après année, nous avons développé des systèmes de géolocalisation, donc il y a plus de sécurité.

Stéphane Peterhansel, l'homme aux 14 victoires sur le Dakar.
Stéphane Peterhansel, l’homme aux 14 victoires sur le Dakar. - Eimear Hyland / Land Rover

Malgré les difficultés, on imagine que vous gardez de bons souvenirs de votre parcours sur le Dakar…

Oui, j’ai gagné quatorze fois donc comment ne pas garder de bons souvenirs ? Personnellement, je n’ai presque que de bons souvenirs. En revanche, j’y ai perdu beaucoup d’amis. Il y a quelques années, un journaliste m’a demandé qui étaient mes rivaux quand j’étais à moto. Je lui ai cité cinq noms… dont trois sont morts en course. C’étaient trois anciens gagnants, donc de très bons pilotes. J’ai donc vécu beaucoup de mauvais moments aussi, en raison de ces accidents.

Vu le danger, qu’est-ce qui vous fait revenir chaque année ?

C’était beaucoup plus dangereux à moto. Aujourd’hui, en voiture, nous sommes bien plus en sécurité. Et ce qui nous fait tous revenir, c’est l’adrénaline, c’est très excitant de disputer un Dakar, même en Defender de série !