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Crise du foot français : Javier Tebas critique le PSG et appelle à « faire le ménage » à la LFP

Javier Tebas a déclaré : « Ce dont le football français a besoin, surtout, c’est d’une stabilité institutionnelle qu’il n’a pas eu ces derniers temps, afin de surmonter ce qui est une crise globale ». Dans une tribune publiée cette semaine, les dirigeants de sept clubs français (OM, Lens, OL, Rennes, Le Havre, Metz et Paris FC) ont appelé le gouvernement à mettre à l’ordre du jour la proposition de loi visant à réformer la manière dont fonctionne le football français.


On peut reprocher beaucoup de choses à Javier Tebas, mais le président de la Liga espagnole possède une grande expérience du monde du football qui, parfois, lui évite de dire des erreurs. Dans une interview accordée au *Figaro* jeudi, cet avocat de 63 ans a exprimé un point de vue extérieur et pertinent sur la crise profonde que traverse le football français, caractérisée par un manque de revenus et des problèmes de gouvernance.

« Ce dont le football français a besoin, surtout, c’est d’une stabilité institutionnelle qu’il n’a pas eue ces derniers temps, afin de surmonter ce qui est une crise globale », affirme-t-il. La récente démission de Nicolas de Tavernost de son poste de directeur général de LFP Média a mis en lumière que le cœur du problème demeure l’effondrement du modèle des droits TV, engendrant des conséquences en cascade sur les clubs.

Dans une tribune publiée cette semaine, les dirigeants de sept clubs français (OM, Lens, OL, Rennes, Le Havre, Metz et Paris FC) ont appelé le gouvernement à mettre enfin à l’ordre du jour la proposition de loi visant à réformer le fonctionnement du football français, notamment la LFP.

« Il faut commencer par faire le ménage à la Ligue, en améliorant les règles de gouvernance, en évitant les conflits d’intérêts, et corriger des questions qui, à mon avis, ont été erronées, comme la décision de réduire la L1 à 18 ou le mode de distribution des droits internationaux, qui ne reviennent qu’aux clubs qui jouent l’Europe », ajoute Tebas.

Le dirigeant, qui n’a jamais hésité à critiquer le PSG et ses fonds illimités par le passé, n’a pas épargné le club parisien cette fois-ci non plus. Cependant, il l’a fait de manière plus argumentée. En comparant la situation de la Ligue 1 avec celle de la Bundesliga, également dominée par un seul club (le Bayern Munich), Tebas insiste sur une différence fondamentale entre les deux championnats : « Il n’y a pas de conflit d’intérêts entre le Bayern et la Ligue en matière de droits, comme c’est le cas en France avec beIN Sports. C’est quelque chose d’essentiel. Il faut faire la différence entre le PSG en tant que club et les personnes qui le dirigent. Le PSG est un grand club. Il continuera de l’être, mais il faut faire attention aux personnes qui le dirigent et qui, pour préserver des intérêts déterminés, mènent des actions contre la gouvernance et ne donnent pas de solutions. »

Ces actions, au final, « réduisent la crédibilité du football français », ce qui se reflète sur les droits TV domestiques. En d’autres termes, la présence omniprésente de Nasser Al-Khelaïfi, à qui il pense sans le nommer, « ne favorise pas » la sortie de crise.

Quant à désigner un nom capable de sortir le football français de l’impasse, le patron de LaLiga s’abstient, mais souligne l’importance d’une projection à long terme. « La décision qui a déclenché la crise du football français, c’est le fait de ne pas finir la compétition lors de la crise du Covid, en 2020. Les clubs n’ont pas cette vision à moyen terme, parce qu’ils vivent au jour le jour avec leurs objectifs sportifs. Pour donner cette vision, il doit donc y avoir un leader, une équipe de management, qui explique bien les conséquences de chaque mesure possible à long terme. »