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Coupe du monde 2026 : Amnesty International avertit des « graves risques » pour les supporters aux États-Unis.

Didier Deschamps a évoqué des contrôles « jamais vus » dans les aéroports américains, alors qu’il fait partie d’une délégation officielle. Amnesty International alerte sur de « graves risques » encourus par certaines populations aux États-Unis, « théâtre d’une crise des droits humains » à trois mois de la Coupe du monde.


Quand Didier Deschamps parle de contrôles « jamais vus » dans les aéroports américains, alors qu’il fait partie d’une délégation officielle et n’est pas sur le radar de l’administration Trump, cela suscite des inquiétudes parmi de nombreux supporters prévoyant de se rendre aux États-Unis l’été prochain. C’est également l’alerte lancée ce lundi par l’ONG Amnesty International, qui met en garde sur les « graves risques » auxquels certaines populations sont exposées aux États-Unis, un pays « théâtre d’une crise des droits humains » à trois mois de la Coupe du monde.

Cette « crise » est « marquée par des politiques d’immigration discriminatoires, des détentions de masse et des arrestations arbitraires par des agents masqués et armés du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), du Service des douanes et de la protection des frontières et d’autres agences », accuse Amnesty dans un rapport intitulé « L’humanité doit triompher ».

« Malgré le nombre ahurissant d’arrestations et d’expulsions, ni la Fifa ni les autorités (américaines) n’ont fourni de garanties que les fans et les populations locales seront protégés du profilage ethnique et racial, des descentes aveugles et des détentions et expulsions illégales », souligne Steve Cockburn, directeur du programme Justice économique et sociale d’Amnesty International, cité dans le communiqué.

**Inquiétudes aussi pour des groupes LGBTQI+**

Le Mondial 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet, réunira 48 équipes, avec 78 des 104 matchs programmés aux États-Unis. Des pays comme l’Iran, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire pourraient ne pas pouvoir compter sur leurs supporters en raison des interdictions de voyager mises en place par l’administration de Donald Trump, qui a fait de la politique anti-immigration le cœur de son second mandat.

D’autres fans de football s’exposent à une « surveillance intrusive » de leurs réseaux sociaux, à des fins de « recherche de contenus anti-américains », estime l’ONG. En outre, « des membres de groupes LGBTQI+ au Royaume-Uni et en Europe ont déclaré qu’il était dangereux que leur présence soit visible pendant le tournoi », rapporte l’organisation de défense des droits humains, qui s’inquiète également des restrictions au droit de manifester et à la liberté d’expression au Mexique et au Canada.

« À seulement 10 semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde, l’engagement de la Fifa à organiser un tournoi dans lequel tout le monde « se sentira en sécurité, inclus et libre d’exercer ses droits » requiert une action urgente en vue d’éviter que cette belle compétition ne se solde par un résultat malheureux », prévient Amnesty.