Coupe du monde 2022 : que risquent les Diables rouges s’ils portent le fameux brassard One Love ?

C’est sans conteste la polémique de ce début de Coupe du monde 2022 au Qatar. Les sept équipes européennes qui avaient prévu de porter un brassard coloré « One Love » se sont finalement rétractées sous la pression de la Fifa (Fédération internationale de football association). Alors qu’ils comptaient afficher leur soutien à l’inclusion et leur opposition aux discriminations contre les LGBTQ+, la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre, le Danemark, les Pays-Bas, le pays de Galles et la Suisse ont finalement renoncé.

En cause : la menace de la Fifa de sanctionner l’équipe dont le capitaine monterait sur le terrain avec cette bande élastique multicolore. « La FIFA a été très claire, elle imposera des sanctions sportives si nos capitaines portent les brassards sur le terrain. En tant que fédérations nationales, nous ne pouvons pas demander à nos joueurs de risquer des sanctions sportives, y compris des cartons jaunes », ont écrit ces sept fédérations dans un communiqué publié sur le site de la fédération anglaise.

La Fédération belge de football a jugé qu’il s’agissait d’« une décision sans précédent ». Elle avait même annoncé être prête à payer les éventuelles amendes. Sauf que les sanctions vont bien plus loin qu’une simple amende. « La FIFA a été très claire dans sa position, elle allait empêcher le capitaine d’entrer sur le terrain avec le brassard. Impossible », a expliqué ce mardi à la RTBF Peter Bossaert, CEO de la Fédération belge. « Je viens d’entendre qu’ils ont même réfléchi à une exclusion du joueur. On en a parlé avec l’équipe, avec le coach. On a parlé avec nos collègues des autres fédérations européennes. Malheureusement, on a décidé ensemble qu’il fallait renoncer à cette action. On va porter avec un regard critique notre relation avec la FIFA. Leur attitude était tellement froide vis-à-vis de cette action. Pourtant, je pensais partager les mêmes valeurs la FIFA et nous. C’est un rapport de force en réalité. On parle de quelques couleurs sur un brassard. On est déçu, choqué ! »

La peur de Jan Vertonghen

Interrogé sur le sujet en conférence de presse ce mardi, Jan Vertonghen a admis qu’il s’agissait d’une « question difficile ». « Je ne suis pas très à l’aise pour en parler. On est régulièrement contrôlé, sur ce qu’on fait et ce qu’on dit. J’ai un peu peur de trop en dire, ou de dire quelque chose, car je veux être autorisé à jouer demain », a reconnu le défenseur des Diables rouges.

L’Angleterre contourne la règle

L’Angleterre, qui jouait lundi contre l’Iran, a suivi les consignes de la Fifa, délaissant le brassard de la discorde. Mais, en bord de terrain, l’ancienne joueuse d’Arsenal Alex Scott, présente au Qatar en tant que consultante pour la BBC, a bravé l’interdit lors de l’avant-match.