Coupe du Monde 2022: « Les Diables ne sont pas montés dans l’avion comme des victimes consentantes. Au contraire »

Marc Wilmots connait bien les Coupes du Monde. Il en a vécues en tant que joueur mais également en tant que sélectionneur national.

Le Jodoignois de souche s’est confié dans les colonnes d’Het Laatste Nieuws et a évoqué plusieurs sujets chauds au sein des Diables rouges.

Le Taureau de Dongelberg a tout d’abord commenté la préparation dont disposent les Diables. Pour cette édition, pas question d’avoir un peu de repos et plusieurs semaines de préparation. Les Diables sont arrivés lundi à Tubize et ont déjà décollé ce mardi midi. « C’est rendez-vous à Tubize, puis départ rapide pour le Koweït pour un match amical et ensuite vous avez quelques jours pour travailler tactiquement », analyse Marc Wilmots avant de s’interroger sur l’intérêt du match amical contre le Koweït. « Fallait-il vraiment ajouter ce match amical contre l’Égypte? Je n’ai pas la réponse, je me pose juste la question. Peut-être que quelqu’un comme Eden Hazard, qui a besoin de rythme, pourrait en bénéficier. Mais d’autres ont plutôt besoin d’un peu de repos. Les deux arguments se tiennent. En tout cas, les 32 sélectionneurs se rendent au Qatar avec une valise pleine de soucis.”

Si les Diables ont bien une force en vue de ce Mondial, c’est qu’ils se connaissent par cœur. Ils évoluent avec le même groupe (à quelques exceptions près) et le même staff (à quelques exceptions près) depuis une dizaine d’années. “La cohésion au sein de ce groupe de joueurs est grande: cette génération est devenue une véritable famille. Les gens utilisent le mot ‘famille’ tout le temps, mais dans ce cas, c’est vraiment le cas. Les dirigeants actuels de l’équipe sont en poste depuis une décennie, tandis que du sang neuf s’est ajouté au fur et à mesure. Martínez et moi avons tous deux notre mérite dans ce processus », remarque Marc Wilmots.

Questionné sur les incertitudes Hazard (pour son état de forme) et Lukaku (pour sa blessure), Marc Wilmots aurait fait les mêmes choix que Martinez de reprendre les deux joueurs au sein de l’équipe. « Vous devrez toujours prendre Eden avec vous! Pour son expérience, sa maturité, sa façon exceptionnelle de toucher le ballon et surtout parce qu’il n’est pas blessé en ce moment. On l’oublierait presque, mais il est maintenant libéré de cette plaque dans sa cheville. Ce n’est pas un fait insignifiant. Romelu est un monstre sacré, un attaquant que l’on n’a pas dans toutes les générations en Belgique. Seuls Martinez, le staff médical et Romelu lui-même connaissent l’étendue exacte du problème. Ils sont les seuls à pouvoir évaluer la probabilité qu’il soit en mesure de jouer un rôle plus tard dans le tournoi. J’ai eu un doute médical similaire pendant l’Euro 2016 avec Nicolas Lombaerts. À la fin de la préparation, les médecins m’ont dit qu’il ne se remettrait pas en forme. Pourtant, avec Vincent Kompany, qui a manqué le premier tour de la Coupe du monde 2018, les choses ont bien tourné. Tant mieux! On espère maintenant un scénario semblable avec Romelu. Parce que la Belgique sans Lukaku, ça fait une grosse différence en termes de présence dans les seize mètres”, poursuit le sélectionneur national.

Avant de conclure en évoquant l’état d’esprit dans lequel les Diables se rendent à Doha: “La qualité fondamentale de l’équipe nationale belge, toutes générations confondues, est que nous pouvons jouer un football pragmatique. Nous pouvons nous adapter. Je ne crois pas que les Diables Rouges sont montés dans l’avion comme des victimes consentantes. Au contraire, je pense qu’ils sont très conscients du rôle qu’ils peuvent jouer.