Sport

Classique Bruges-La Panne : Une « boucherie » à l’arrivée avec quatre chutes dans les 5 derniers kilomètres

Du grand n’importe quoi. Voilà comment on peut résumer le final de la semi-classique Bruges-La Panne, courue mercredi en Belgique. Pas moins de quatre chutes particulièrement violentes ont émaillé les cinq derniers kilomètres, avant la victoire du Colombien Sebastian Molano (UAE), heureux d’être passé entre les gouttes mais remonté, tout de même.

« C’était hyper nerveux, sans doute l’une des arrivées les plus dangereuses que j’ai eu à disputer dans ma carrière. Finalement, l’essentiel était de rester sur le vélo », a commenté l’équipier de Tadej Pogacar, tandis que plusieurs favoris se sont retrouvés au sol ou ont été ralentis, comme les Belges Jasper Philipsen, vainqueur sortant, Tim Merlier ou Arnaud De Lie.

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A l’arrivée, les coureurs étaient très marqués, certains n’hésitant pas à qualifier ce final de « boucherie » ou de « vrai carnage ». Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs facteurs entrent en jeu. Tout d’abord, le vent n’a pas soufflé très fort pendant la course, contrairement à d’habitude en bord de Mer du Nord. Pas de vent, pas de bordure, et donc un peloton qui aborde groupé et en masse un final disputé sur des routes étroites, rendues chaotiques par les voies de trams et différents aménagements urbains.

« Ce n’est pas un parcours fait pour avoir autant de gars dans les dix derniers kilomètres, a observé l’un des directeurs sportifs de l’équipe Total-Direct Énergie, Dominique Arnould, cité par le média Direct Vélo. Faut-il maintenir cette arrivée ? C’est à l’UCI de trancher. Toute l’approche est dangereuse, le rétrécissement aux 4 km avec 300 mètres où il passe à peine une voiture en largeur, ce n’est pas tip-top. Puis celui à la flamme rouge… »

Tout le monde veut des points, personne ne ralentit

Autre élément à prendre en compte, le comportement des coureurs eux-mêmes, certainement poussés par des équipes qui jouent leur survie en World Tour. Les points sont précieux alors que deux formations descendront à l’échelon inférieur en fin de saison. Sur une course comme celle-ci, il y avait une bonne dizaine de trains de sprinteurs prêts à tout pour se placer en vue de l’emballage final.

« Ça accélère avant chaque rond-point ou entonnoir, mais il n’y a pas la place pour tout le monde », note Mickaël Leveau, directeur sportif chez Arkéa-Samsic. « Ça va à des vitesses folles. Si ça tombe, c’est de la faute des coureurs car ils virent trop vite, font des écarts et freinent trop tard », poursuit Dominique Arnoult.

Voilà comment on se retrouve avec une centaine d’hommes à terre ou stoppés net en l’espace de cinq minutes. Des sprinteurs comme Aleksander Kristoff, Arnaud Démare ou Olav Kooij ont abandonné toute chance de victoire, et seulement vingt coureurs ont pu jouer la gagne.

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L’organisation, de son côté, a fait part de sa désolation. « Nous n’organisons pas des courses pour que cela se termine par des chutes. Aujourd’hui, j’ai de la peine, a commenté le directeur de course Bruno Dequeecker. Le parcours est le même depuis plusieurs années et il est validé par l’UCI. Il s’agit donc d’un malheureux concours de circonstances. Les coureurs voulaient clairement tout donner pour gagner, malheureusement cela a conduit à des chutes. »