Choix du futur sélectionneur national : que fait le bureau fédéral ?
Le bureau fédéral, représentant légal de la FTF et des clubs affiliés, est en démission totale et ne sait pas quoi faire selon l’avis de certains de ses membres. Le ministre des Sports a déclaré que le futur sélectionneur sera un Tunisien.

La Presse — Au cœur de la vive polémique et du débat intense autour du futur sélectionneur national, un élément semble passer inaperçu. Le bureau fédéral, représentant légal de la FTF et des clubs affiliés, est en état de démission totale, vivant une sorte de perte de repères et d’incertitude quant à sa position. Même des membres du bureau fédéral affirment qu’ils ne sont pas en mesure de décider sur cette question.
De plus, ce bureau fédéral s’efface devant le ministre des Sports, qui prend en main l’ensemble de ce dossier. On constate un passage d’une FTF, censée être l’entité principale impliquée dans les affaires de l’équipe nationale, à une institution qui se plie aux instructions du ministre des Sports, ce dernier ayant organisé la fameuse réunion de concertation (une initiative discutée et jugée peu judicieuse).
Les directives sont sans équivoque : des propositions seront émises, puis une commission décidera de l’identité du futur sélectionneur. Le ministre des Sports n’a pas ménagé ses mots : pas de sélectionneur étranger, ce sera un Tunisien. Et que fait le bureau fédéral dans ce contexte ? Rien, aucun mot, aucune réaction, une soumission totale au ministère des Sports, alors que la FTF devrait avoir l’autonomie pour gérer ses affaires sportives, notamment celle de ses sélections.
Bien que le ministère soit l’autorité de tutelle responsable de surveiller la conformité des procédures et de garantir la transparence des opérations financières (et qu’il approuve les contrats des sélectionneurs), il n’a pas pour mission de déterminer qui sera le sélectionneur national.
C’est au bureau fédéral élu de procéder à cette décision. Mais qu’en est-il de Moez Nasri, Houcine Jenayeh et des autres membres fédéraux ? Où se trouve Zyed Jaziri, directeur sportif ? Rien à dire, ou tout au plus, des déclarations diplomatiques et un alignement suspect avec les souhaits du ministre des Sports et de son équipe.
Dès lors, pourquoi avoir évincé Sami Trabelsi et son staff sans l’écouter ni examiner son rapport ? Il aurait été pertinent de laisser un peu de temps à Trabelsi pour qu’il présente son rapport et exprime son avis sur ce double échec. Rien de tout cela n’a été envisagé. Ce bureau fédéral, tiraillé et manifestement immature, a mis en évidence ses faiblesses sur plusieurs dossiers.
Il n’a ni la stature ni les membres nécessaires pour imposer des choix autonomes. Il ne fait que suivre sans aucune autorité ni réactivité. Actuellement, la FTF est sous l’influence directe du ministère des Sports. Les membres de la FTF ont souhaité un sélectionneur étranger pour remplacer Trabelsi, on leur a annoncé qu’il s’agirait d’un Tunisien. Ils doivent donc se conformer et obéir, car ils n’ont pas vraiment d’alternative, étant donné leurs performances décevantes.

