Chelsea – PSG : Les Parisiens ne subissent pas une humiliation à Stamford Bridge ?
Le public de Stamford Bridge a déroulé le tapis rouge au PSG et à ses supporters. Après un quart d’heure de jeu, un quart du stade s’est dirigé vers la sortie suite au troisième but de Senny Mayulu.
De notre envoyé spécial à Stamford Bridge,
Les journalistes étrangers ressentent toujours une certaine satisfaction en couvrant des matchs de football en Angleterre. Les stades impressionnent, les pelouses sont d’un vert éclatant, soigneusement entretenues, et l’accueil y est d’une qualité supérieure. Dans le cas de Chelsea, on peut se demander si l’accueil réservé aux adversaires n’est pas excessif : mardi soir, le public de Stamford Bridge a littéralement déployé le tapis rouge pour le PSG et ses supporters. Un cheval de Troie, sans tromperie. Un cadeau, en somme.
L’avant-match : absence de ferveur, absence d’intimidation
À une heure du coup d’envoi, une odeur banale flottait dans le quartier de Fulham, loin de l’excitation que l’on pourrait attendre d’un 8e de finale retour de Ligue des champions qui pouvait être retourné. Les tribunes prenaient un temps considérable à se remplir, la musique du stade couvrait les silences, et les deux équipes s’échauffaient dans un stade endormi. Les joueurs de Chelsea recevaient des applaudissements timides, tandis que ceux de Paris étaient accueillis avec indifférence. Là où les supporters parisiens sont souvent prompts à exercer une pression psychologique sur l’adversaire dès leurs premiers pas sur la pelouse du Parc des Princes, ceux des Blues choisissaient de rester passifs. Sans doute parce qu’ils ne savent pas faire autrement.
La première demi-heure : des « oooolééé » et des supporters en fuite
Concernant le match lui-même, on doit reconnaître que les locaux n’ont pas eu le temps de s’enthousiasmer pour quoi que ce soit dans une rencontre qui ne leur offrait que du désespoir. Les publics anglais réagissent aux dynamiques du jeu. Cela est utile lorsque l’équipe performe, mais moins lorsque cela tourne à la débâcle. Kvaratskhelia clim 1, Barcola clim 2. Après seulement un quart d’heure, les supporters les moins fidèles quittaient déjà le stade, dégoûtés par l’efficacité des joueurs parisiens. Les plus enivrés, quant à eux, passaient leur temps à demander des fautes inexistantes ou à donner des conseils tactiques basiques à leurs joueurs. Exemple : « Neto, shooot ! Joao Pedro, shoooot ». Une partie de Football Manager leur ferait sans doute du bien.
Dans les tribunes, la déconfiture était d’autant plus marquante que le parcage visiteur, qui s’étendait sur deux niveaux, restait constant dans son soutien en chantant à pleins poumons. Ce dernier se laissait aller à des « ooooolééé » à chaque passe entre joueurs du PSG après seulement 29 minutes de jeu. Un type de séquence qui, dans un stade normal, aurait été étouffée par une bronca collective, tandis qu’ici, Stamford Bridge avait décidé de continuer avec le même gimmick pour l’action suivante. « C’est celui qui dit qui est, cheh ». Un fort niveau de clash. À noter que faire des « olééé » n’est pertinent que lorsqu’on mène au score. D’ailleurs, les « olééé » des supporters blues n’ont duré que dix secondes, le temps que leur équipe perde le ballon. Flop total.
La seconde période : tribunes clairsemées et Marseillaise entonnée par les Parisiens
Cependant, le plus dur restait à venir pour les supporters de Chelsea. Le troisième but de Senny Mayulu, survenu juste après une série d’arrêts de Safonov, a achève de dégoûter un quart des spectateurs, qui se sont dirigés vers la sortie alors que les supporters du PSG proclamaient leur appartenance au lieu et entonnaient une Marseillaise, un ultime coup de poignard à l’honneur des Blues. Une prestation globalement très solide des visiteurs, fidèles à leur réputation de meilleur public en déplacement, méritait bien d’être saluée par les joueurs parisiens à l’issue du match.

Il ne faut pas en dire autant du public de Stamford Bridge, même si Liam Rosenior a voulu faire preuve de compréhension en conférence de presse. « Les supporters souhaitent du succès immédiat, ce qui est normal vu l’importance du club. Je comprends leur frustration, ils veulent que nous gagnions. J’en étais conscient avant d’arriver. Je souhaite également les satisfaire et leur offrir les soirées qu’ils méritent. C’était une défaite particulièrement difficile à digérer, compte tenu de la manière dont nous avons été éliminés ce soir. » Vu la manière dont ils ont été piétinés en tribune, également.

