« C’est comme si les athlètes paralympiques ne les intéressaient pas, or on est tous pareils »

Au lendemain de la médaille d’or de Nafissatou Thiam aux JO, Maxime Binet nous emmène à la rencontre de Léa Bayekula, une jeune athlète paralympique belge de 26 ans qui vient de remporter la médaille de bronze sur 100m aux championnats d’Europe. « Quand on reçoit cette consécration, on se dit qu’on a travaillé dur. La médaille c’est juste la récompense et le fruit de tout ce travail » , débute la sportive. Pour en arriver là, Léa Bayekula s’est entraînée six fois par semaine et s’est entourée d’une équipe de professionnels. « On me tire vers le haut et cela m’aide à progresser. C’est vraiment important qu’un athlète se sente bien« , poursuit-elle.

Au fil des années et de ses expériences, l’athlète s’est construit un mental d’acier et a appris à gérer le regard que la société a pu porter sur elle et son handicap. Aujourd’hui, elle est ambassadrice pour l’association Handicap International. « Je me bats pour l’accessibilité et la visibilité de toutes ces personnes en situation de handicap. Je suis là pour faire comprendre que nos différences sont nos forces. Ce n’est pas la Belgique en particulier qui est le problème, le problème c’est qu’on n’en parle pas assez. Le handicap est mis en retrait comme s’il n’existait pas. Dans la vie de tous les jours , on ne fait pas tous une taille 34. C’est la société qui doit changer cette mentalité et cela doit se faire dès l’enseignement maternel« .

« Les personnes handicapées veulent juste être autonomes et pouvoir faire elles-mêmes les choses si elles en sont capables. J’utilise les réseaux sociaux pour lutter contre ces stéréotypes, j’essaie de mettre en avant le handicap et de changer les regards. On peut avoir une vie normale comme n’importe qui« , poursuit-elle. Si l’accès aux personnes handicapées au sein de la société a progressé ces dernières années, beaucoup de travail doit encore être réalisé, selon Léa Bayekula.

La jeune athlète confie notamment qu’elle a parfois l’impression que les personnes handicapées sont mises en retrait par rapport aux personnes valides. Le fait que les Jeux Olympiques ont toujours lieu avant les Jeux Paralympiques renforce ce sentiment. « C’est comme si on ne les intéressait pas, or on est tous pareils donc j’ai envie de dire: ‘Mélangez-nous pour qu’on puisse vivre comme vous‘ », conclut-elle.

=> Retrouvez « Il faut qu’on parle spécial vacances » tous les matins à 7H30 sur DH Radio.