ATP Miami: Osaka s’accroche, va en finale et pleure de joie

Mais le plus dur reste à faire pour la Japonaise de 24 ans, qui a renversé 4-6, 6-3, 6-4 la Suissesse Belinda Bencic (28e). Elle tentera en effet de remporter son 8e tournoi sur le circuit féminin, samedi, contre la Polonaise Iga Swiatek, future N.1 mondiale, ou l’Américaine Jessica Pegula (21e).

Pour sa première finale en Floride, il lui faudra surmonter tout sentiment d’accomplissement avant l’heure, autant que l’émotion, qui l’a légèrement envahie après avoir salué son adversaire, à qui elle a rendu hommage après-coup.

« Je n’ai pas du tout eu l’impression de comprendre son jeu et j’ai pourtant réussi à gagner. C’est une joueuse extraordinaire. J’aimerais avoir son retour. Je voulais juste dire merci à tout le monde. L’atmosphère était vraiment bonne », a dit Osaka sur le court, les yeux embués.

« Bon sang, je pleure toujours! Mais ce tournoi signifie beaucoup pour moi », a-t-elle ajouté dans un sourire qui tranchait évidemment avec ses pleurs d’il y a deux semaines, à Indian Wells, où la Japonaise connaissait un troisième épisode lacrymal, pendant et après son match perdu au 2e tour à Indian Wells, après une provocation verbale d’une personne dans le public (« Naomi tu es nulle! »).

Se posait alors à nouveau la question de son avenir dans le tennis professionnel, pour celle qui avait confié, au moment de Roland-Garros en juin dernier, être en proie à de l’anxiété depuis plusieurs années.

Depuis, plusieurs moments de détresse se sont produits. D’abord au tournoi de Cincinnati en août, puis, en mondovision, le mois suivant à l’US Open, en conférence de presse, après son élimination surprise au 3e tour face à la Canadienne Leylah Fernandez.

– « Besoin de m’affirmer » –

Elle avait alors fait une pause et n’était revenue à la compétition qu’en janvier à l’Open d’Australie, dont elle était tenante du titre mais où elle a été stoppée au 3e tour.

Depuis le dernier épisode en date en Californie, Osaka a commencé à travailler avec une thérapeute et elle a confié sentir les premiers bienfaits de cette démarche.

Cela s’est vu sur les courts à Miami, puisqu’elle a remporté ses quatre premiers matches sans perdre le moindre set et encore moins ses moyens, laissant augurer le retour de la redoutable championne, quadruple lauréate en Grands Chelems (deux fois à l’Open d’Australie, deux fois à l’US Open).

Pour cette cinquième rencontre, il lui a fallu concéder un set, le premier, débordée par l’agressivité de Bencic, excellente en revers et qui sait comment s’y prendre pour la battre, puisqu’elle avait remporté trois de leurs quatre première confrontations.

Mais Osaka a montré qu’elle savait à nouveau réagir face à l’adversité. Après avoir breaké une deuxième fois dans la deuxième manche pour mener 4-2, elle a conservé cet avantage en s’appuyant sur son puissant service (18 aces).

Et elle a embrayé dans le troisième set, affichant une grande détermination, en serrant souvent les poings et en sautillant entre deux échanges pour mieux aller de l’avant. « A ce stade, j’ai besoin de m’affirmer. Face à des joueuses si fortes, je ne dois pas me laisser abattre. Si j’avais eu ce sentiment négatif, cela aurait pu me coûter la victoire », a-t-elle expliqué.

Osaka a enchaîné au troisième set, chipant deux fois le service de la Suissesse, qui est tout de même revenue à 5-4. Même pas peur: la Japonaise a su conclure sans trembler.