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Athlétisme : Rayan Cherni doit-il choisir le service militaire ?

Rayan Cherni a remporté la médaille d’or du 10.000 mètres marche aux championnats du monde d’athlétisme juniors en 2024 au Pérou. Il semble décidé à abandonner ses études pour effectuer son service militaire, une décision qui a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

La Presse — Après avoir abordé les problèmes rencontrés par les Champions olympiques et mondiaux, une nouvelle affaire émerge, illustrant une nouvelle fois les lacunes dans la gestion de notre élite sportive. C’est le cas de Rayan Cherni, un jeune marcheur tunisien, vainqueur de la médaille d’or du 10.000 mètres marche aux championnats du monde d’athlétisme juniors (moins de 20 ans) en 2024 au Pérou.

Étant donné que la Tunisie n’a pas brillé dans cette spécialité olympique depuis longtemps, c’est un exploit sportif considérable. Cherni est actuellement étudiant à l’Institut supérieur du sport et de l’éducation physique du Kef et essaie de jongler entre sa carrière sportive et ses études.

Cependant, les informations concernant son avenir ne sont pas de nature à rassurer ceux qui espèrent beaucoup de ce jeune talent. Rayan Cherni envisagerait d’abandonner ses études pour faire son service militaire. Cette décision a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, où beaucoup saluent son choix et les sacrifices qu’il consent.

Il est clair qu’il est difficile de trouver un champion, mais il est tout aussi aisé de briser ses rêves, de décourager une étoile montante et d’anéantir ses ambitions. Ce jeune champion du monde, membre du Club de Ciment d’Um El-Aklil, fait face à des difficultés financières et matérielles.

« C’est déjà assez dur de n’avoir personne pour vous soutenir, personne pour vous défendre, personne pour parler en votre nom », a-t-il exprimé en prenant sa décision. L’avenir sportif et les études sont deux chemins qui ne se croisent jamais. Faute de structure adéquate, il faut choisir. Malheureusement, cela fait écho au cas du champion du monde de taekwondo, Khelil Jendoubi.

Les engagements, les compétitions et les stages d’entraînement des athlètes durant l’année universitaire sont à prendre en compte, sachant que le système éducatif repose sur des examens hebdomadaires et une session principale ou de rattrapage dans l’enseignement supérieur. L’absence pourrait avoir de lourdes conséquences.

Les athlètes issus de ces écoles bénéficient des autorisations nécessaires pour leurs missions avec les équipes nationales. Cela revient encore une fois à une correspondance qui n’a pas été envoyée ou qui n’est pas arrivée à temps.

On viendra l’expliquer pour se justifier.

Face à des problèmes récurrents, la patience finit par s’épuiser. Dans tous les cas, le choix de Rayan de rejoindre l’armée est empreint de bon sens. L’armée forme des hommes, sous tous les aspects. Dans ce milieu, il ne pourra jamais dire « qu’il n’a personne pour le défendre ». De plus, l’armée dispose de son école de cadres sportifs, s’il désire envisager un avenir dans ce domaine.