Mort de Loana : « Belle », « humaine » mais « perdue », un symbole de notre société.
Loana, « star » de téléréalité, est décédée mercredi à l’âge de 48 ans, suscitant des réactions d’empathie et de tristesse parmi les lecteurs de 20 Minutes. Des lecteurs ont évoqué ses difficultés et sa fragilité, soulignant qu’elle représentait « un jouet d’un système uniquement motivé par le gain ».
Avec Loana, « c’était le début de tout et ce sont des souvenirs où, entre amies et collègues, on se retrouvait chaque soir pour regarder le « Loft » ! C’était la première et elle restera pour toujours », se désole Ludivine, une lectrice de 20 Minutes. La mort de la première « star » de téléréalité, survenue mercredi à l’âge de 48 ans, suscite une forte émotion. Nombreux sont ceux qui, interrogés, ont partagé leurs sentiments après cette disparition, oscillant entre empathie, tristesse et critiques d’une télévision jugée responsable de broyer ses étoiles filantes tout en prônant le vide.
De son entrée dans le loft, aux événements qui s’y sont déroulés, jusqu’à sa sortie en voiture sur les Champs-Élysées, entourée d’une foule de fans, Loana a été soumise à de nombreux jugements. Sa notoriété s’est poursuivie à travers sa carrière musicale et d’autres émissions de téléréalité, attirant les regards, bienveillants ou non. Sa descente aux enfers a également été suivie par les médias et commentée sur les réseaux sociaux. Loana incarne tout ce que l’on peut aimer ou détester.
« Tous devant le « Loft » pour voir surtout Loana »
Parler de Loana, qui avait 23 ans à son arrivée dans nos vies, se résumait souvent à « sa descente de la voiture et la scène dans la piscine, et c’est tout », témoigne un lecteur. « Dans le « Loft », on aimait ou on n’aimait pas, on faisait souvent semblant de ne pas s’y intéresser. On critiquait ce nouveau concept de « Big Brother », mais le soir, on était tous devant notre télé pour voir surtout Loana », raconte Damien.
« Fan de l’émission « Loft Story », j’ai eu l’occasion de la rencontrer plusieurs fois, elle était d’une grande douceur et gentillesse », confie Cyril. « Je me souviens de son premier passage dans l’émission où elle sort de la limousine et j’ai tout de suite su que « c’est elle qui va gagner ». Elle avait déjà tout d’une star. Je ne me suis pas trompé. Depuis, j’ai toujours suivi son parcours, allant à ses concerts ou émissions. […] Elle fait partie de ma vie depuis 2001. »
« Le jouet d’un système uniquement motivé par le gain »
Sa disparition suscite une grande empathie chez nos lecteurs. « J’éprouve de la tristesse pour cette jeune femme ballottée et en grande souffrance, fragile et incapable de gérer sa notoriété qui a précipité sa décadence », confie Isabelle. « C’est avant tout de la tristesse que j’ai pour elle. Qu’elle repose enfin en paix. Elle ne souffre plus de ses démons, de ses traumatismes d’enfance… »
« Loana m’a touchée par sa fragilité, c’était une belle femme un peu perdue, elle s’exprimait très bien, elle n’a pas eu de chance, cela me rend triste, je l’aimais bien », témoigne Marie. Alix se souvient de la difficile enfance de Loana, évoquée dans Elle m’appelait Miette. « Je continuerai de l’appeler Miette », affirme-t-elle, alors que d’autres s’efforcent de briser les stéréotypes de la « bimbo ».
Laurent la trouve « bien plus intelligente et humaine que les starlettes de la téléréalité d’aujourd’hui », tandis qu’un internaute note : « Elle était jolie, séduisante et certainement trop naïve. Elle a connu une gloire éphémère suivie de nombreux tourments. Indiscutablement, elle a été l’objet d’un système uniquement motivé par le gain. Une victime ! C’est vraiment très triste. »
Icône d’une télévision… que l’on ne veut plus voir
Les lecteurs font preuve d’empathie, mais expriment aussi des critiques, non pas tant envers Loana elle-même, mais vis-à-vis de son entourage et de ce qu’ils appellent la « télé-poubelle ». Jean se rappelle « une fille sympathique mais trop confiante avec tout le monde ». Certains n’ont d’autres souvenirs que celui de la scène de la piscine et des sketchs qui en ont découlé, tandis que d’autres s’étonnent de l’intérêt encore porté à sa mémoire. « Je me souviens juste de titres larmoyants à son sujet. Sans doute une personne trop fragile pour être livrée aux requins des producteurs et des spectateurs », écrit un internaute. Cédric, lui, se souvient « d’avoir 15 ans à l’époque du « Loft » » et d’avoir jalousé les participants. « Puis le temps passe. Ce décès rappelle que la télévision peut être meurtrière quand on n’est pas préparé psychologiquement. Être soi-disant entouré d’amis, mais personne pour l’aider véritablement, c’est très triste. Une leçon amère pour les jeunes accros à la téléréalité. »
« Loana est pour moi le symbole terrible de cette télévision qui broie ses « produits » jusqu’au drame », écrit Mathieu. « Déjà instable, à mon avis, lorsqu’elle a été sélectionnée pour « Loft Story », les lumières artificielles de la télévision l’ont encore plus éblouie. Elle aura couru toute sa vie après la célébrité, obtenue pour de mauvaises raisons. […] Ça m’attriste profondément pour elle. »
Notre dossier Loana
Des problèmes d’addiction, une existence parsemée d’obstacles. « J’en garde le souvenir d’une désolation qui s’est concrétisée jusqu’au pire. Son audace ne méritait pas ça. Je pressentais déjà qu’elle finirait comme une Marilyn. Ce n’était pas ma tasse de thé, mais j’ai toujours ressenti de la compassion pour elle et la douleur qui l’entourait », écrit une internaute.

