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Moïse Santamaria décrit son enfance « compliquée » dans une famille chaotique

Moïse Santamaria a 47 ans et a grandi dans une famille d’émigrés espagnols avec un père autoritaire. À l’âge de 19 ans, il a été mis dehors par ses parents et s’est retrouvé dans la rue, une période qu’il considère comme très dure mais enrichissante.


Moïse Santamaria, qui joue un policier dans la série *Un si grand soleil*, a vécu une période de marginalité durant sa jeunesse. Aîné d’une famille d’émigrés espagnols, cet acteur né à Madrid a été élevé par un père jeune et autoritaire, parfois violent. « C’était une époque […] où la grosse baffe part très vite et les coups de ceinture peuvent partir très vite aussi », explique-t-il à Faustine Bollaert et aux téléspectateurs de *Ça commence aujourd’hui*, alors qu’il vient d’avoir 47 ans.

### Recevoir des coups… et en donner

Souvent victime de violences, il admet que cela lui a « donné beaucoup de colère à gérer ». « Je voyais rouge très vite », précise-t-il, évoquant les bagarres en dehors de chez lui. « Je me battais énormément puisque je m’étais promis que personne ne me ferait du mal à l’extérieur de la maison », se remémore-t-il lors de l’émission intitulée « Cette blessure d’enfance qui les a poussés sur le devant de la scène ».

Sa vie a été marquée par des deuils difficiles, le laissant souvent à l’écart. « L’adolescence a été très compliquée, car il y a eu des pertes chères dans notre famille. J’ai perdu ma tante sans qu’on me le dise, j’ai dû le deviner tout seul… Elle est morte du sida quand j’avais 11 ans, mais je ne savais pas pourquoi », se rappelle-t-il.

Ému, il évoque un autre drame : la perte de sa grand-mère, qu’il considérait comme « une figure très puissante, forte ». « Et là encore il y a eu du silence, déplore-t-il. Je ne suis même pas allé à l’enterrement. Ils sont partis en Espagne, ils m’ont laissé en banlieue parisienne, où j’ai grandi. »

### Le « sirop de la rue »

Moïse Santamaria attribue à cette période son « virage complet ». « J’ai commencé clairement à faire n’importe quoi. Ma mère m’appelait « El jarabe de la calle » (le sirop de la rue). J’ai traîné dehors beaucoup, je me débrouillais et je faisais des conneries. Je rentrais tard », confie-t-il.

Lui qui avait toujours été un bon élève ne se rendait « plus à l’école ». « Moi, j’étais avec les potes dehors, je faisais les 400 coups, c’était l’école de la vie », se remémore-t-il. À l’âge de 19 ans, ses parents l’ont mis dehors, et malgré le choc, il a dû faire face à lui-même. « C’était un moment très dur mais je l’ai beaucoup aimé parce que j’étais face à quelque chose […] C’est un moment durant lequel on n’a pas le choix. »

### Sauvé par le théâtre

Moïse Santamaria affirme que c’est le théâtre qui l’a aidé à trouver son chemin. Sa rencontre avec Jessica, la fille de l’acteur Ticky Holgado, l’a poussé à s’inscrire dans une école de théâtre. « Je découvre que je vais pouvoir dire des choses et en plus à travers des personnages », se réjouit celui qui avait tant souffert du silence familial.

Bien qu’il aurait pu garder le silence sur ses blessures d’enfance, il a compris que son témoignage pourrait « aider des gens ». Le père de trois enfants, qui a récemment porté secours à un piéton blessé au début de janvier, a décidé de participer à cette émission riche en émotions.