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« Love Story : John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, un couple fascinant »

Le 16 juillet 1999, un petit avion piloté par John Fitzgerald Kennedy Jr. décolle du New Jersey en direction de Martha’s Vineyard, avec sa femme Carolyn Bessette-Kennedy et sa belle-sœur Lauren à bord. En juillet 1999, leur disparition dans un crash aérien au large de Martha’s Vineyard alimente le mythe d’un clan Kennedy frappé par la « malédiction ».


16 juillet 1999. Une nuit d’été légèrement brumeuse. Sur le tarmac du New Jersey, un petit avion décolle en direction de Martha’s Vineyard. Au pilotage, John Fitzgerald Kennedy Jr., accompagné de sa femme, Carolyn Bessette-Kennedy, et de sa belle-sœur Lauren. Quelques heures plus tard, l’Amérique retient son souffle. Mais bien avant cette nuit tragique, la naissance d’un mythe avait eu lieu.

C’est cette histoire qui ouvre la nouvelle anthologie de Ryan Murphy, *Love Story*, dédiée aux amours passionnelles et tragiques. Inspirée du livre *Once Upon a Time* d’Elizabeth Beller, la série – mettant en vedette Paul Anthony Kelly et Sarah Pidgeon, lancée ce vendredi sur Disney+ – raconte comment le conte de fées le plus glamour des années 1990 s’est fissuré sous la pression médiatique jusqu’au crash de 1999. Pourquoi, vingt-cinq ans plus tard, ce couple continue-t-il de fasciner ?

L’union du pouvoir et du style est un des éléments clés. D’un côté, John, le « prince d’Amérique », saluant à trois ans le cercueil de son père, un président assassiné. Héritier d’une dynastie politique semblable à une monarchie américaine, John Fitzgerald Kennedy Jr. faisait déjà partie de l’histoire nationale.

De l’autre, Carolyn, issue du monde de la mode. Directrice des relations publiques chez Calvin Klein, Carolyn Bessette-Kennedy représentait l’élite esthétique new-yorkaise des années 1990 : silhouette élancée, palette neutre, lunettes sombres, distance souveraine. Elle incarnait l’essence même du minimalisme.

Lorsque le couple apparaît ensemble dans les rues de Tribeca au milieu des années 1990, l’engouement des photographes est immédiat. Ils sont beaux, jeunes, charismatiques et parfaitement assortis. Leur histoire d’amour symbolise la rencontre entre pouvoir et style, aristocratie politique et chic urbain, une fusion rare et presque romanesque.

Le retour du minimalisme des années 1990 joue également un rôle. Leur aura ne repose pas uniquement sur leur lignée, mais aussi sur leur image, qui suggère sans jamais trop en dire. Le minimalisme des années 1990 connaît un regain de popularité. Sur Instagram et TikTok, le style de Carolyn, avec son manteau noir droit, sa robe nuisette ivoire, ses sandales fines et ses lunettes sombres, devient une référence ultime. Sa tenue est sobre, jamais ostentatoire.

Ce retour évoque une nostalgie pour une opacité perdue, une image éloignée des commentaires incessants. À une époque de logos éclatants et d’identités sur-communicantes, son style et sa retenue semblent offrir un antidote. Une approche austère de l’apparence, qui conserve une force intacte.

Ce qui retient l’intérêt aujourd’hui dépasse la simple garde-robe ; il s’agit d’une attitude. Une façon de participer à la modernité tout en restant partiellement secrète. Ainsi, le minimalisme des années 1990 n’est pas qu’un revival, mais une réflexion d’un désir contemporain pour la réserve et le mystère.

En 1996, le couple se marie en secret sur l’île de Cumberland, en Géorgie. La robe de Carolyn, une création épurée de Narciso Rodriguez, entre immédiatement dans la légende. L’Amérique adopte celle qui a conquis l’héritier le plus désiré du pays. La traque médiatique commence.

Les paparazzis se postent devant leur domicile. Carolyn éprouve difficilement cette intrusion constante, tandis que John, habitué à l’exposition médiatique, semblerait plus à l’aise. La fragile relation entre ambitions professionnelles, attentes politiques et quête de normalité complique leur union.

Mariés pendant seulement trois ans, ils ne publient aucun livre de révélations et accordent quasiment pas d’interviews. Des images existent, des clichés volés, un regard détourné, une main serrée trop fort, mais celles-ci demeurent énigmatiques et indéchiffrables. Rien n’est explicité, rien n’est narré.

Leur couple évolue à l’orée de l’hyper-médiatisation, juste avant que les couples ne deviennent des médias eux-mêmes sur les réseaux sociaux. Pas de récit maîtrisé, pas de mise en scène de l’intime sur Instagram ou TikTok. C’est précisément ici que le mythe prend forme.

Ce silence génère un espace où chacun projette sa propre vision de leur amour : conte de fées, relation tendue, passion moderne. Plus un couple est opaque, plus il devient une toile de fantasmes. Avec *Love Story*, Ryan Murphy ne revisite pas seulement une romance célèbre ; il vient combler un vide en offrant une narration à une histoire qui n’en avait pas.

Un dernier élément essentiel vient s’y ajouter : la tragédie. En juillet 1999, leur disparition lors d’un crash aérien près de Martha’s Vineyard interrompt brutalement leur récit et alimente un autre mythe, celui d’un clan Kennedy frappé par la « malédiction ».

La mort fige tout : jeunesse, beauté, tensions, suspendant la banalité. Les histoires inachevées possèdent une puissance particulière : elles demeurent intactes. Carolyn et John n’ont pas eu le temps de devenir ordinaires, alors ils se sont transformés en légende.