Les amours de la reine Marie-Antoinette enfin percées à jour

Pendant longtemps – des siècles, à dire vrai – on a commenté, supposé, supputé. On a raillé, critiqué, moqué mais en vérité, la relation qui unissait Marie-Antoinette, reine de France et le comte Axel de Fersen, restait un mystère. Il a fallu que la technologie s’en mêle pour que, 227 ans après sa mort, on sache enfin ce qu’éprouvait celle qui avait perdu la tête pour le gentilhomme suédois.

Ces incroyables mots d’amour, cachés sous d’autres ou tout bonnement caviardés ont été mis à jour grâce à la spectroscopie de fluorescence de rayons X. Soit un procédé qui permet, virtuellement, de supprimer les couches d’encre successives qui recouvrent l’original. Un travail de longue haleine, que les scientifiques du programme Rex II ont pu mener à bien grâce au financement de la Fondation des sciences du patrimoine, soutenu par les Archives nationales. Aujourd’hui, ces travaux qui ont été filmés, font l’objet d’un documentaire qui mêle également une part de fiction.

On y voit des comédiens lire et relire encore ces mots depuis si longtemps tus et cachés, sous le regard, notamment, d’Evelyne Lever, grand spécialiste de Marie-Antoinette, qui en signe le scénario.

Il y a quelque chose d’émouvant dans ces plumes qui crissent sur le papier et dans ces secrets que l’épouse de Louis XVI – qui respectait son Roi et ne voulait qu’il souffre – n’a jamais pu confier à quiconque. L’Autrichienne, comme on l’appelait, passé un court moment de grâce, n’a jamais trouvé sa place dans le cœur des Français qui lui reprochaient d’être dépensière et sans cervelle, quand elle n’était qu’une toute jeune femme qui se rêvait aimée.

Alors à défaut de Louis, elle s’est éprise d’Axel de Fersen, comme on peut le lire dans ces sept lettres écrites entre juin 1791 et août 1792. La famille vit alors en résidence surveillée aux Tuileries et ceux que l’on suppose amants doivent user de tous les subterfuges pour que leurs courriers arrivent à bon port. « Adieu, je vous aime à la folie« , « ma tendre amie« , écrit Fersen. « Je ne vis que pour vous aimer« , lui répond la reine.

17 ans après la mort de sa bien-aimée, décapitée le 16 octobre 1793 sur la place de la Concorde, Axel de Fersen connaîtra lui aussi un fin tragique. Soupçonné d’avoir comploté contre le roi de Suède, il est pris à partie dans une émeute qui éclate en rue. Il mourra lapidé et piétiné, le 20 juin 1810.