Le mariage de Jacques et Bernadette Chirac, parfois chahuté, a toujours résisté

Bernadette Chodron de Courcel vient de ce qu’on appelle « une bonne famille ». L’oncle Geoffroy a été l’aide camp du Général de Gaulle ! Rien d’étonnant si la fille est dirigée vers l’Institut des Études Politiques. À Paris, on dit Sciences-Po.

C’est là qu’en 1951, elle rencontre ce garçon d’un mètre 89, Jacques Chirac. Ils ont 18 ans tous les deux. Il n’est définitivement pas le parti dont les Chodron de Courcel rêvaient pour leur fille. Petit-fils d’un instituteur de Corrèze…

L’obstination des amoureux viendra à bout des réticences de parents. Jacques et Bernadette se marieront à 23 ans, le 16 mars 1956, à la basilique Sainte-Clothilde. Pas dans l’église, réservée aux mariages de la haute société. Mais dans une chapelle annexe. Si on avait pu deviner que le marié serait un jour président de la République…

En 1958 et 1962, ils auront deux filles, Laurence et Claude.

Puis Bernadette va suivre le destin incroyable de son mari. Ministre, Premier ministre, Président… Elle s’habitue à vivre avec un homme absent. “Je cherche mon mari.” C’est la phrase qu’elle prononcera le plus souvent.

De nombreuses rivales à Bernadette

Mais l’éclat qui entoure cette étoile montante attire aussi de nombreuses rivales. Bernadette apprendra que son Jacques n’est pas du style à les repousser.

Charles Pasqua, son plus proche conseiller, parlera d’un “superbe étalon en liberté” : “Nous devions freiner ses ardeurs et l’aider à tenir son rang.” Bernadette va souvent fermer les yeux.

Une fois cependant, les choses prennent d’autres proportions : Jacques Chirac tombe amoureux !

En 1974, à 41 ans, il est jeune Premier ministre, sous Valéry Giscard d’Estaing. Le Figaro envoie une de ses journalistes, la blonde Jacqueline Chabridon, en Corrèze afin d’en ramener un portrait. Coup de foudre !

À Paris, il lui adresse des lettres enflammées. Pour pouvoir la rejoindre discrètement, il loue, pour elle, un appartement à deux pas de Matignon, résidence du Premier ministre. Il l’invite même à l’accompagner, malgré la présence de Bernadette, à un voyage officiel en Inde.

Dans un premier temps, Madame Chirac est effondrée. Puis, elle décide de contre-attaquer. À son mari, elle dit : “C’est le jour où il a abandonné Joséphine que Napoléon a tout perdu.”

Jacques Chirac envisage réellement le divorce. Pasqua et les autres conseillers interviennent. À l’époque, un homme renonce à toute ambition présidentielle s’il divorce. On lui rappelle le slogan de Pompidou :” Jamais le divorce !” “Chirac réplique : “Mais il faut bien que je vive !”

Une femme de l’entourage, Marie-France Garaud, monte au créneau. À Bernadette, elle dit que l’épouse d’un homme aux grandes aspirations doit être à ses côtés. Puis elle convoque Jacqueline Chabridon et n’hésite pas sur la formule : “Il y va de l’avenir de la France !”

La maîtresse capitule. Elle sera hospitalisée après une tentative de suicide. L’amant retrouvera Bernadette mais ne se calmera pas pour autant.