Le Congrès américain exige l’audition d’Andrew Montbatten-Windsor.
Andrew Mountbatten-Windsor a toujours nié avoir participé aux activités illégales de Jeffrey Epstein et a réglé un procès intenté par Virginia Giuffre hors tribunal, par un accord financier évalué par certains à 12 millions de dollars en 2022. Le roi Charles III a déclaré être « prêt à soutenir » la police de la Thames Valley dans l’enquête qu’elle vient d’ouvrir sur son frère à propos des documents sensibles.
L’étau se resserre sur Andrew Mountbatten-Windsor. Le 31 janvier, la presse britannique avait titré sur le « creepy crawler », avec des photos du frère du roi Charles III à quatre pattes au-dessus d’une jeune fille. Dix jours plus tard, d’autres suspicions émergent alors que plus de 3 millions de documents relatifs aux affaires d’Epstein sont examinés par le ministère de la Justice américain.
Au Royaume-Uni, le parlement s’interroge sur le fait que l’ancien prince ait partagé des documents sensibles durant sa mission en tant qu’envoyé commercial entre 2010 et 2011. Aux États-Unis, c’est l’aspect pédocriminel de cette affaire qui intéresse le Congrès, qui accroît la pression sur l’ensemble du clan Windsor.
Pour le démocrate Ro Khanna, la famille royale britannique « n’a pas été transparente ». « Ils sont immensément riches, ils devraient pouvoir indemniser les survivantes des horreurs qui se sont déroulées », a-t-il déclaré à la BBC. Dans les documents publiés par le ministère de la Justice, il est noté qu’au moins une jeune fille aurait été amenée à Buckingham Palace pour satisfaire les désirs de celui qui était alors le prince Andrew.
Une autre démocrate, Teresa Leger Fernandez, estime que Charles III a les moyens « d’ordonner à son frère » de répondre aux questions du Congrès. « (Andrew) sait qui d’autre était dans la pièce avec lui », a-t-elle insisté auprès de BBC Newsnight, évoquant les orgies organisées par Jeffrey Epstein dans ses différentes propriétés.
Le Congrès américain a adressé plusieurs demandes à Andrew Mountbatten-Windsor, restées sans réponse jusqu’à présent. Bien qu’aucune obligation légale n’impose à l’ancien prince de se rendre aux États-Unis, il semble isolé.
Dans un geste peu courant, le roi Charles III a fait savoir, dans un communiqué officiel du palais de Buckingham, qu’il est « prêt à soutenir » la police de la Thames Valley dans l’enquête ouverte sur son frère concernant ces documents sensibles. Il a également réaffirmé son soutien « aux victimes de toute forme d’abus ».
Le prince et la princesse de Galles ont exprimé leur « grande préoccupation » quant aux accusations portées contre Andrew Mountbatten-Windsor. Le prince Edward, le plus jeune fils d’Elizabeth II, a également apporté son soutien aux victimes.
L’ex-mari de Sarah Ferguson, elle aussi fortement impliquée dans les affaires Epstein, a été exclu du Royal Lodge, une résidence royale située sur le domaine du château de Windsor. Il est maintenant logé dans une résidence privée du roi Charles III à Sandringham, dans le Norfolk, qui serait, selon les tabloïds, proche d’une zone inondable.
Andrew Mountbatten-Windsor a toujours nié sa participation aux activités illégales de Jeffrey Epstein, alors qu’il était accusé de viol par Virginia Giuffre lorsqu’elle était mineure. Bien qu’il ait d’abord démenti la connaître, il a réglé son procès hors tribunal par un accord financier estimé à 12 millions de dollars en 2022. Virginia Giuffre s’est suicidée en avril dernier, avant la publication de ses mémoires, sorties à titre posthume en octobre.
Jeffrey Epstein est mort en prison en 2019, d’un apparent suicide, avant d’être jugé. Jean-Luc Brunel, ancien patron de l’agence de mannequins Karin Models, soupçonné d’avoir recruté des jeunes filles pour Epstein, s’est également suicidé en prison en 2022 avant son jugement. Ghislaine Maxwell est la seule à avoir été condamnée pour sa complicité dans le trafic sexuel de mineures. Elle purge une peine de vingt ans de prison et refuse de dévoiler ce qu’elle sait tant que Donald Trump, mentionné plusieurs milliers de fois dans les récents documents, ne lui accorde pas la grâce présidentielle.

