Ukraine : L’émissaire américain Witkoff a rencontré Poutine à Moscou
L’émissaire américain Steve Witkoff s’est entretenu avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou dans la nuit de jeudi à vendredi, dans le cadre des pourparlers sur la fin de la guerre en Ukraine. Volodymyr Zelensky a déclaré que l’épineuse question des territoires de l’est de l’Ukraine revendiqués par Moscou n’est « pas encore résolue ».
L’émissaire américain Steve Witkoff a rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou dans la nuit de jeudi à vendredi pour discuter de la fin de la guerre en Ukraine, peu après une brève entrevue entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Donald Trump en Suisse.
À l’issue de cette rencontre qui s’est tenue en marge du Forum économique de Davos, Zelensky a déclaré avoir obtenu de Trump un accord sur les garanties de sécurité que Washington a promises à l’Ukraine. Il a également annoncé des discussions « trilatérales » entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie prévues cette semaine aux Émirats arabes unis, sans préciser les modalités ni le format.
Dans ce contexte diplomatique intense, Witkoff, accompagné de Jared Kushner, le gendre du président américain, a eu des discussions avec Poutine durant plus de trois heures et demie. Witkoff a déjà rencontré Poutine à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin aux quatre ans de conflit en Ukraine. Il se rendra ensuite aux Émirats arabes unis.
Depuis Davos, Witkoff a mis en avant les « progrès significatifs » réalisés lors de sa rencontre le week-end dernier à Miami avec les négociateurs ukrainiens. « Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point », a-t-il affirmé. À Davos, Zelensky a qualifié sa rencontre avec Trump de « positive », tout en décrivant le dialogue comme « pas simple ».
Il a néanmoins assuré qu’un accord avait été trouvé concernant les garanties de sécurité que les États-Unis doivent fournir à l’Ukraine afin de dissuader de nouvelles attaques russes après une possible fin du conflit. « Les garanties de sécurité, c’est prêt », a-t-il dit, précisant que « le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux ».
Zelensky a toutefois indiqué que la question des territoires de l’est de l’Ukraine, revendiqués par Moscou, n’était « pas encore résolue ». « La guerre doit prendre fin », a martelé Donald Trump après leur rencontre, lorsqu’on lui a demandé quel message il souhaitait transmettre à Poutine.
Trump avait précédemment attribué le blocage des négociations à Zelensky, alors que les alliés européens de Kiev craignent que Washington ne cherche un accord jugé trop favorable à Moscou. Zelensky a également mentionné les discussions « trilatérales » entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie qui auront lieu cette semaine aux Émirats arabes unis.
Des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine avaient déjà eu lieu durant la première année de la guerre en 2022 et à plusieurs reprises en 2025 à Istanbul. Ces pourparlers n’avaient résulté qu’en échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans solution au conflit.
Vladimir Poutine, qui demande le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l’est industriel de l’Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l’OTAN, a affirmé que Moscou atteindrait ses objectifs par la voie militaire si la diplomatie échouait.
L’armée russe a intensifié ces derniers mois ses frappes sur le réseau énergétique ukrainien, entraînant des coupures d’électricité et de chauffage massives, notamment dans la capitale, alors que les températures sont glaciales.
De plus en plus critique à l’égard des Européens ces dernières semaines, Zelensky a prononcé un discours particulièrement sévère à Davos, dénonçant une Europe « fragmentée » et « perdue » en matière d’influence sur Trump, et manquant de « volonté politique » face à Poutine.
« Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l’Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances », a-t-il déploré, évoquant des « querelles internes incessantes et des non-dits » qui empêchent l’unité européenne. Il a également estimé que, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, « aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les États-Unis » et que le soutien de son homologue américain est « indispensable ».

