Rached Ghannouchi condamné à 20 ans dans l’affaire « Complot 2 »
La Cour d’appel de Tunis a alourdi à 20 ans la peine de prison prononcée contre le chef du mouvement islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, emprisonné depuis 2023 dans l’affaire dite du « complot 2 ». M. Ghannouchi, 84 ans, avait été condamné en première instance à 14 ans de réclusion.
La Cour d’appel de Tunis a alourdi à 20 ans la peine de prison prononcée contre le chef du mouvement islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui est en détention depuis 2023 dans le cadre de l’affaire dite du « complot 2 » contre le président tunisien, a indiqué mardi à l’AFP l’un de ses avocats.
La Cour a « décidé de 20 ans de réclusion contre Rached Ghannouchi » notamment pour « complot contre la sécurité intérieure de l’État », a précisé Me Samir Dilou à l’AFP. M. Ghannouchi, 84 ans, avait été condamné en première instance à 14 ans de réclusion. Ce nouveau verdict porte à plus de 40 ans la durée totale de son emprisonnement en raison de différentes condamnations, les peines étant cumulables en Tunisie.
Son comité de défense a déclaré que M. Ghannouchi avait décidé de ne pas se pourvoir en cassation, « convaincu de l’absence totale de garanties d’un procès équitable » et face à « des dossiers politiques fabriqués de toutes pièces ».
Une vingtaine de personnes, dont l’ex-chef de cabinet du président Kais Saied, Nadia Akacha, et l’ancien Premier ministre Youssef Chahed (2016-2020) qui est en fuite à l’étranger, étaient jugés pour « complot contre la sûreté intérieure de l’État » et « formation d’une organisation et d’une entente en lien avec des crimes terroristes », selon le dossier d’instruction.
Dans l’affaire du « complot 2 », Rached Ghannouchi et d’autres dirigeants d’Ennahdha, y compris son gendre Rafik Abdessalem, ainsi que Kamel Bedoui, un militaire à la retraite, sont accusés d’avoir établi un « appareil sécuritaire secret » au service du parti islamiste.
M. Bedoui a également vu sa peine de première instance augmentée de 14 à 20 ans de réclusion. Mme Akacha et M. Abdessalem, jugés par contumace, ont été condamnés à 35 ans de réclusion, comme en première instance, selon plusieurs médias.
Lors d’un précédent méga-procès pour complot, des peines allant de 5 à 45 ans de prison ont été prononcées en appel, fin novembre, contre 34 opposants politiques, dont plusieurs figures importantes et des personnalités notables.
Jusqu’au coup de force de juillet 2021, lors duquel le président Kais Saied s’est octroyé tous les pouvoirs, Ennahdha, qui était arrivé au pouvoir après la révolution de 2011, dominait la vie politique du pays.
M. Ghannouchi était président du Parlement lorsque M. Saied a limogé son Premier ministre à l’été 2021 et gelé le Parlement, avant d’en faire élire un autre aux pouvoirs considérablement réduits.
Depuis 2021, les défenseurs des droits, tant tunisiens qu’étrangers, ont signalé une régression des droits et des libertés en Tunisie, avec des poursuites et condamnations de dizaines d’opposants, d’avocats et de journalistes.

