Quand la mémoire amazighe ne se transforme pas en langage visuel
Une exposition ethnographique a été présentée le week-end dernier au Centre culturel Abou El Kassim Zayani de Khénifra, permettant aux visiteurs de découvrir le mode de vie des habitants du Moyen Atlas. Ahmed Hamid, membre de la Fondation Esprit Ajdir de l’Atlas, a indiqué que cette exposition entend mettre en lumière la mémoire quotidienne de la région, caractérisée par la diversité, la coexistence et le métissage culturel.
Dans le Moyen Atlas, la mémoire dépasse la simple tradition orale. Elle se manifeste dans les détails du quotidien : outils, couleurs, vêtements, et tous ces modes de vie transmis par les générations, témoins du lien entre l’homme et son environnement naturel et culturel. Une mémoire parfois silencieuse, mais capable d’évoquer tout un univers de valeurs et de symboles.
À cette occasion, une exposition ethnographique a été présentée le week-end dernier au Centre culturel Abou El Kassim Zayani de Khénifra, offrant l’opportunité de réinterpréter le patrimoine amazigh, au-delà de l’aspect festif. Grâce à un parcours visuel, l’exposition a permis aux visiteurs de découvrir le mode de vie des habitants du Moyen Atlas, mettant en avant l’ingéniosité des artisans qui transforment les éléments naturels en outils alliant fonctionnalité, beauté et symbolique.
En réalité, les objets exposés, comprenant des vêtements traditionnels, des outils ethnographiques, des tableaux et des écrits en tifinagh, ne sont pas présentés comme des éléments figés, mais comme des témoignages vivants d’un mode de vie varié.
Dans ce cadre, Ahmed Hamid, membre de la Fondation Esprit Ajdir de l’Atlas, a mentionné que cette exposition s’inscrit dans une série d’activités culturelles visant à faire découvrir aux visiteurs et aux personnes intéressées la diversité culturelle et le patrimoine amazigh que renferme le Moyen Atlas, leur permettant d’explorer et de comprendre le mode de vie qui a façonné la vie des habitants de la province de Khénifra.
Cette exposition ethnographique a pour but de mettre en avant la mémoire quotidienne de la région, historiquement caractérisée par la diversité, la coexistence et le métissage culturel, a-t-il ajouté, soulignant que les objets présentés reflètent une relation harmonieuse entre la population et son environnement, fondée sur le travail, la patience et la créativité.
L’exposition a proposé un aperçu du quotidien des habitants de la région, éclairant des éléments liés aux volets domestiques, artisanaux et agricoles, en particulier le célèbre tapis Zayan, des ingrédients de cuisine traditionnels et des outils quotidiens qui façonnaient la vie des familles et de la société.
De son côté, le président de l’Association « Lamassat Fanniya », Mahjoub Najmaoui, a expliqué que la participation de l’association à cette exposition vise à mettre en valeur l’importance des arts visuels pour la culture amazighe, en tant que patrimoine civilisationnel riche offrant aux artistes une multitude d’univers à explorer.
Le tifinagh, les tapis et les vêtements amazighs, avec leurs couleurs vives et leurs symboles évocateurs, attirent l’œil tant du visiteur lambda que de l’artiste grâce à leur poids esthétique et symbolique, a-t-il noté.
Organisée par la Fondation Esprit Ajdir Atlas en collaboration avec des acteurs institutionnels et de la société civile, cette exposition témoigne d’une tendance croissante à valoriser le patrimoine amazigh comme un bien culturel vivant et une composante essentielle de l’identité marocaine, riche de ses diverses influences et expressions.

