Porté par l’Organisation internationale pour les migrations : Un nouveau projet déployé dans le Souss-Massa et Tanger-Tétouan-Al Hoceima


Porté par l’Organisation internationale pour les migrations : Un nouveau projet déployé dans le Souss-Massa et Tanger-Tétouan-Al Hoceima

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) lance une consultation pour la réalisation d’une étude sur le lien entre la migration, l’environnement et le changement climatique dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Souss-Massa.

Grâce au financement du fonds de l’OIM pour le développement (IDF), l’OIM Maroc souhaite mettre en œuvre au Maroc un projet pilote de renforcement des capacités du gouvernement sur le lien entre la migration, l’environnement et le changement climatique, en vue d’atténuer les causes profondes des déplacements forcés et de favoriser la résilience des communautés au changement climatique.
Ce projet pilote est prévu d’être mis en œuvre dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et du Souss-Massa pour renforcer les connaissances et les capacités des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux à mieux gérer les questions liées à la problématique de la migration, l’environnement et le changement climatique.
Pour ce faire, l’OIM a lancé récemment une consultation pour mettre en exergue les liens entre le changement climatique, l’environnement et la mobilité au niveau de ces deux régions.
En effet, le changement climatique affecte la distribution des ressources sur la planète et les phénomènes météoriques extrêmes, notamment les catastrophes hydrologiques, induisent ainsi d’importants déplacements des populations dans de nombreuses régions.

La région MENA est l’une des plus sévèrement touchées par l’évolution des impacts du changement climatique au niveau mondial. La région a toujours connu des conditions climatiques difficiles, notamment de faibles précipitations, des pénuries d’eau, des inondations fréquentes, des températures extrêmes et des sécheresses récurrentes. Puisqu’on s’attend à une augmentation de l’ampleur et de la fréquence des événements climatiques extrêmes dans la région, il est à craindre une intensification des déplacements induits par la dégradation de l’environnement, le changement climatique et les catastrophes. Ces changements surviennent souvent dans des contextes confrontés à des problèmes structurels liés à l’épuisement des ressources naturelles et aux compétitions pour leur utilisation. La migration est l’une des nombreuses stratégies utilisées par les ménages pour répondre et s’adapter aux changements environnementaux et climatiques.
Au cours des 30 dernières années, de nombreux changements environnementaux ont été constatés au Maroc qui devraient s’aggraver et mettre en péril les moyens de subsistance des populations. Le Maroc est situé entre les régions atlantique et méditerranéenne tempérées et les régions sèches du sud du Maroc. Les changements environnementaux en cours au Maroc varient d’une région à l’autre, mais les plus touchées restent l’Oriental, la région de Draâ-Tafilalet et le sud du pays, notamment le Souss-Massa.
Ces changements climatiques sont particulièrement visibles dans les taux de précipitation, les niveaux de température moyenne, les périodes de sécheresse et l’occurrence des événements climatiques extrêmes, affectant ainsi la désertification et la croissance des terres arides, les flux d’eau souterraine et la salinisation à travers le pays. Ces changements ont donc différentes conséquences socio-économiques pour la population locale et ont un impact sur les raisons de la migration.

Les conséquences de ces changements environnementaux au Maroc affectent principalement les ressources en eau du pays et les activités agricoles en milieu rural.
Selon les prévisions climatiques pour 2030-2060, la culture des légumes et céréales, en particulier, sera affectée par des conditions de croissance moins favorables, ce qui entraînera une augmentation des coûts de production et diminuera la productivité de 15 à 40%. Comme dans les autres régions méditerranéennes, les eaux souterraines des zones côtières sont vulnérables à la salinisation, en raison de l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique global.