Politique monétaire, investissement, inflation : Jouahri fait le point chez les députés


Politique monétaire, investissement, inflation : Jouahri fait le point chez les députés

A quelques semaines du premier conseil d’administration de la banque centrale de l’année 2022, le wali va faire le point avec les membres de ladite commission sur différentes thématiques en rapport avec l’investissement.

Le wali de Bank Al-Maghrib (BAM) en «guest star» de la première Chambre. Les regards se tournent se mardi 15 février à la première Chambre parlementaire qui accueille le numéro un de la banque centrale, Abdelatif Jouahri. En effet, la commission parlementaire permanente chargée des finances et du développement économique à la Chambre des représentants reçoit le wali de BAM dans une conjoncture assez particulière. A quelques semaines du premier conseil d’administration de la banque centrale de l’année 2022, le wali va faire le point avec les membres de ladite commission sur différentes thématiques en rapport avec l’investissement. Le débat devra porter notamment sur les instruments déployés dans le cadre de la politique monétaire pour doper l’investissement au Maroc. La question de l’inflation sera probablement également présente lors du débat entre les deux parties dans un contexte marqué par la flambée des matières premières sur la scène internationale en raison des tensions géopolitiques ainsi que les effets du changement climatique.

S’agissant de la question de l’investissement, le Maroc avait lancé il y a deux années pratiquement un programme pour faciliter l’accès au financement pour les jeunes entrepreneurs. Le fameux programme «Intelaka» a dû depuis son lancement composer avec une situation inédite sur le plan sanitaire avec la propagation de la pandémie du coronavirus. Aujourd’hui, il est temps de procéder à un bilan de cette opération lancée début 2020. La présence du wali de BAM au Parlement sera l’occasion pour discuter des derniers chiffres concernant les créations d’entreprises dans le cadre de ce programme mais également et surtout d’évoquer la question du financement. Pour rappel, à l’issue du dernier conseil d’administration de la banque centrale fin 2021, le wali avait affirmé qu’un tiers des demandes de financement déposées dans le cadre du programme Intelaka est rejeté, ce qui représente un taux important selon BAM.

Pourtant, le programme intégré d’appui et de financement des entreprises, baptisé Intelaka, devait faciliter sensiblement l’accès au financement pour les porteurs de projets. Lancé en février 2020 en partenariat avec le ministère de l’économie et des finances, BAM, la Caisse centrale de garantie (CCG) et le réseau bancaire, le programme permettait aux entrepreneurs d’accéder à des financements bancaires à des taux inédits. Face aux parlementaires, le numéro un de la banque centrale va certainement donner des explications concernant le taux élevé des demandes rejetées et les moyens pour faciliter l’accès au financement en ces temps de reprise économique. L’autre question qui sera soulevée concernera sans nul doute les prévisions de Bank Al-Maghrib en termes de croissance et l’inflation pour l’année en cours à la lumière des derniers développements économiques sur la scène internationale sans oublier les récentes décisions au sujet de la propagation de la pandémie dans le monde et à l’échelle nationale ainsi que l’évolution de la campagne de vaccination.

Investissements

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Selon BAM, les recettes des investissements directs étrangers (IDE) devraient se situer à l’équivalent de 2,5% du PIB en 2021. Elles grimperaient à 3% du PIB en 2022 pour atteindre les 3,5% du PIB en 2023. Tenant compte notamment des projections du financement extérieur du Trésor, Bank Al-Maghrib estime que les avoirs officiels de réserve se situeraient à 330,4 milliards de dirhams à fin 2021.

Ils se situeraient en 2022 autour de 341,6 milliards et atteindraient en 2023 les 345,7 milliards, assurant ainsi une couverture de plus de 6 mois et 20 jours d’importations de biens et services. Pour ce qui est du taux débiteur moyen global, BAM affirme qu’il s’est quasiment stabilisé à 4,35% au troisième trimestre, avec une hausse trimestrielle de 13 points pour les prêts aux entreprises et une stabilité pour ceux aux particuliers. La banque centrale anticipe par ailleurs un allégement du besoin de liquidité des banques et ce sous l’effet du renforcement des réserves de change. Il devrait ainsi se situer autour 64,4 milliards de dirhams à fin 2021, avant de se creuser à 70 milliards à fin 2022 et à 83,6 milliards à fin 2023.

Prévision

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La banque centrale table sur une consolidation de la croissance à 2,9% en 2022 et à 3,4% en 2023. «La valeur ajoutée des activités non agricoles poursuivrait son amélioration aux rythmes de 3,2% en 2022 et de 3,4% en 2023 et, sous l’hypothèse de récoltes céréalières moyennes de 75 millions de quintaux annuellement, celle du secteur agricole reculerait de 2,8% en 2022 et progresserait de 2% en 2023», peut-on lire du communiqué de Bank Al-Maghrib diffusé en marge de son Conseil tenu mardi 21 décembre 2021.

Sur la base de l’ensemble des analyses établies lors de cette réunion, le Conseil de Bank Al-Maghrib a estimé que l’orientation de la politique monétaire reste largement accommodante, assurant les conditions de financement adéquates. A cet égard, le Conseil avait jugé en particulier que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié décidant ainsi de le maintenir inchangé à 1,5%.