MEDays 2019 : Des recommandations pour favoriser le développement et la paix

MEDays 2019 : Des recommandations pour favoriser le développement et la paix

Cette douzième édition a été clôturée par la déclaration de Tanger 2019

Le douzième forum MEDays, qui a pris fin samedi 16 novembre, a tenu ses promesses en faisant la part belle aux sujets prioritaires et grands problèmes qui préoccupent les pays du Sud. La crise de confiance, le terrorisme, l’immigration, le retour des réfugiés, les guerres commerciales et les guerres énergétiques, le Brexit ou encore le renforcement de la compétitivité africaine grâce aux facilités accordées aux PME pour leur accès aux financements et au soutien à l’entrepreneuriat ont été au cœur des débats programmés au cours de ce rendez-vous et auquel ont pris part, selon les organisateurs, plus de 200 intervenants venus des quatre coins du monde. «Nous avons réussi à faire rencontrer pendant quatre jours des chefs d’Etat, des chefs de gouvernement, des ministres, de très hauts responsables ainsi que les opérateurs économiques venus de plus de 80 pays», a indiqué le président de l’Institut Amadeus, Brahim Fassi Fihri, faisant part de sa grande fierté que «le forum MEDays (soit) devenu une institution marocaine portée par une structure marocaine et africaine».   

A l’instar des onze années précédentes, ce douzième forum a été clôturé par l’émission de la déclaration de Tanger 2019, après une série de débats et d’examen de trente-six thématiques internationales et régionales, programmés lors de cet événement. Les participants des MEDays 2019 ont adopté onze recommandations pour favoriser le développement, la paix et la sécurité. Ils ont appelé, entre autres, les leaders de pays africains à faire de l’Afrique un continent de mobilité et d’opportunités par des mesures d’accompagnement de l’application de l’accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Ils ont souligné l’importance du rôle du secteur privé et des sociétés civiles dans l’appropriation des accords continentaux et par conséquent la nécessité de cadres de dialogue inclusif afin d’optimiser les effets positifs pour le développement. Ils ont recommandé la mise en place d’un pacte de lutte contre l’évasion fiscale des entreprises multinationales et la mise en place de moyens pour mesurer l’activité économique et l’impôt des grandes sociétés internationales sur le continent africain. Selon la CNUCED, «chaque année, entre 40 et 80 milliards de dollars de taxes échappent à l’Afrique, soit deux fois au minimum le montant annuel de l’aide au développement», a-t-on rappelé.

Concernant la question de l’égalité hommes-femmes, les participants ont tenu à préciser que la parité est une condition sine qua non du développement pas seulement en Afrique mais sur tous les continents. Ils ont appelé à la lutte contre les discriminations juridiques et légales à l’égard des femmes, particulièrement les lois sur la famille, le mariage et l’héritage.

Côté paix et sécurité, ils ont déploré les actions unilatérales dans la gestion des crises du Moyen-Orient, notamment la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël et son soutien aux activités illégales d’implantation de colonies. Ils ont rejeté, en l’état actuel, des informations non officielles diffusées par certains médias, le cadre de ce qui est appelé «l’accord du siècle» pour le règlement du conflit israélo-palestinien. «La sécurité et la coopération dans la région ne sauraient être assurées dans le long terme sans une solution juste, équilibrée et mutuellement agréée pour deux Etats, un palestinien et un israélien, vivant côte à côte dans les frontières de 1967, avec Al Qods comme capitale de la Palestine», a-t-on tenu à rappeler. Quant à la question migratoire, les participants ont saisi l’occasion pour faire part de leur condamnation à toute forme de discrimination ou d’atteinte aux droits des personnes migrantes. Ils ont ainsi appelé les Etats à ratifier la convention internationale de l’ONU de protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille et à la mise en place de la politique d’accueil et de convergence avec le Pacte international pour les migrations signé à Marrakech en décembre 2018.