Maroc

Macron appelle à des « efforts » pour la défense nationale.

Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » au Groenland, dans le cadre d’une mission européenne, « dans les prochains jours ». Le chef de l’État a également demandé l’adoption d’ici le 14 juillet de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros.


« Plus vite et plus fort ». Emmanuel Macron a appelé jeudi la France et ses armées à consentir « des efforts à la mesure de notre rude époque » et a annoncé l’envoi de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » au Groenland, en réponse à des alliés américains devenus des « compétiteurs » inattendus.

« Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a déclaré le chef de l’État lors de ses vœux aux armées sur la base aérienne d’Istres (sud-est), après un conseil de défense consacré à la situation au Groenland et en Iran.

Dans un contexte de tension transatlantique sans précédent au sein de l’Otan, la France a décidé d’envoyer des moyens supplémentaires au Groenland dans le cadre d’une mission européenne, « dans les prochains jours », territoire autonome danois convoité par les États-Unis.

Une « quinzaine » de chasseurs alpins français ont déjà été mobilisés pour cette opération de « dissuasion » visant à « montrer aux États-Unis que l’Otan est présente », a précisé plus tôt sur franceinfo l’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor.

« Des certitudes qui parfois avaient des décennies sont remises en cause (…) L’Europe a des compétiteurs qu’elle ne pensait pas voir. Elle a parfois des alliés qu’on pensait prévisibles, impavides, toujours à nos côtés, qui se mettent à faire douter beaucoup, voire qui se retournent vers ceux qui doutaient le moins », a lancé Emmanuel Macron en évoquant le Danemark et les pays d’Europe de l’Est.

Donald Trump, invoquant des nécessaires de sécurité nationale face à des menaces russes et chinoises, menace de s’emparer du Groenland par tous les moyens, y compris la force si nécessaire.

Le chef de l’État a également appelé le Parlement à « adopter d’ici le 14 juillet » l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros, afin de renforcer les moyens de la défense.

Il réclame 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030 pour les armées « pour accélérer notre réarmement », dont une rallonge de 3,5 milliards dès cette année et une autre de 3 milliards l’an prochain. Cette « surmarche » est cependant suspendue pour 2026 à l’adoption d’un budget toujours en suspens.

L’actualisation de la LPM a déjà été plusieurs fois reportée. Avec cette trajectoire, le budget de la défense sera quasiment doublé sous les deux mandats d’Emmanuel Macron pour atteindre 64 milliards d’euros annuels dès 2027 au lieu de 2030.

Concernant l’Ukraine, la France et ses partenaires européens sont pleinement mobilisés en soutien à l’armée ukrainienne et pour déployer une force multinationale destinée à dissuader la Russie de toute nouvelle attaque lorsque la paix sera conclue, a-t-il souligné.

Emmanuel Macron a déclaré que la France fournissait désormais à l’Ukraine « les deux tiers » des « capacités de renseignement » nécessaires face à la Russie, là où les États-Unis étaient auparavant prédominants, et a ajouté que les 34 pays de la Coalition des volontaires finançaient « 100% » des moyens accordés à Kiev.

Sur l’Iran, la France a « appelé à la cessation » des attaques « odieuses » contre les manifestants, tout en insistant sur la nécessité de « ne pas escalader dans la région », alors que Donald Trump menace de recourir à la force contre le régime des mollahs.

Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe du Rassemblement national (extrême droite) à l’Assemblée, a exhorté Emmanuel Macron à « parler aux Français directement » pour expliquer « la position de la France » sur le Groenland et le soulèvement populaire en Iran.

De son côté, Olivier Faure, patron du Parti socialiste (opposition), a salué l’initiative européenne au Groenland. « Nous avons aujourd’hui la nécessité de faire en sorte que des limites soient fixées à la volonté de toute puissance de Donald Trump qui finit par considérer que l’Europe est son jardin », a-t-il déclaré.