Maroc

L’USFP présente sa feuille de route : Sept décisions en cent jours.

Driss Lachguar a déclaré que « la capacité de notre formation à arriver en tête des prochaines élections ne relevait ni de la posture ni de l’effet d’annonce. » Il a également précisé que l’alternance démocratique implique que « ceux qui ont exercé le pouvoir répondent de leur bilan, qu’il soit positif ou contestable. »


A l’occasion d’une journée d’étude au siège du parti à Rabat, Driss Lachguar, Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a prononcé un discours à forte tonalité politique, en lien avec l’approche des échéances électorales. Il a appelé à rompre avec les logiques d’hégémonie afin d’établir une alternative sociale-démocrate crédible, centrée sur la responsabilité, la justice territoriale et l’humain dans l’action publique. Son intervention repose sur sept engagements principaux, assortis de décisions à mettre en œuvre dans les cent premiers jours, esquissant ainsi un contrat politique orienté vers la protection sociale, la compétitivité équitable, la gouvernance responsable et le renouveau démocratique.

Lachguar a souligné que le succès de leur parti aux prochaines élections dépendra non pas d’illusions, mais d’une logique politique claire : ceux qui ont échoué dans les affaires publiques auront du mal à convaincre qu’ils méritent d’être reconduits, tandis que ceux qui ont exercé une opposition rigoureuse ont plus de chances de gagner la confiance des électeurs, à condition que des règles de compétition loyale soient respectées.

Il a mis en garde contre l’idée de recycler des politiques tout en préconisant une rupture avec les décisions unilatérales, proposant de restituer à la politique son rôle de dialogue et d’équilibre entre majorité et opposition. L’alternance démocratique implique que ceux qui ont eu le pouvoir soient tenus de rendre des comptes sur leur bilan, incitant les citoyens à juger lucide de manière à garantir des élections transparentes.

Il a également évoqué l’importance d’une approche social-démocrate structurée en Europe, où la construction d’un État social solide est souvent le résultat d’oppositions capables d’élaborer des réformes fiscales, de défendre des investissements dans l’éducation et la santé, et d’élargir les protections sociales.

Dans un climat politique effervescent, certains responsables de la coalition gouvernementale se précipitent à annoncer des victoires avant les élections, une situation qui soulève des doutes sur leurs véritables fondements et la conformité des élections aux standards de transparence.

Pour Lachguar, les élections doivent être un moment de reddition des comptes, où chaque parti doit être jugé sur ses promesses. Les partis de la majorité, ayant pris des engagements ambitieusement, ont connu des tensions dans des secteurs clés comme l’éducation et la justice.

L’USFP se positionne comme la principale force d’opposition, proposant des alternatives concrètes concernant l’éducation, la protection sociale, le pouvoir d’achat et les services publics. Fidèle à son orientation social-démocrate, il envisage l’État social comme un projet de société certain, dont la réalisation nécessitera une réorientation des politiques publiques pour lutter contre les inégalités et garantir les droits fondamentaux.

Concernant le dossier du Sahara marocain, il prône une mise en œuvre avancée du plan d’autonomie, en soulignant la nécessité d’un gouvernement crédible qui reconnaisse que le développement des provinces du Sud doit être véritablement inclusif.

L’USFP, fort de son histoire, conjugue défense de l’intégrité territoriale et promotion des valeurs démocratiques et des droits humains, renforçant ainsi la crédibilité du Maroc à l’international.

Il appelle à un nouvel horizon pour réconcilier les citoyens avec la politique, suggérant qu’une alternative sociale-démocrate doit se concentrer sur l’humain et garantir la dignité des citoyens.

Driss Lachguar conclut en réaffirmant l’engagement de l’USFP face à des échéances électorales dans un contexte politisé, où la clarté et la précision sont désormais indispensables. Il présente un programme électoral non pas comme un ensemble de promesses, mais comme un contrat politique avec sept engagements majeurs.

Parmi ceux-ci, le premier engagement vise un État providence transformant les droits sociaux en réalités vécues pour les citoyens, avec le lancement immédiat d’une augmentation des pensions des retraités les plus modestes.

Le deuxième engagement concerne une économie productive et équitable, avec le lancement d’un programme pour des contrats stables pour les jeunes. Le troisième engagement ambitionne une agriculture durable liée à la souveraineté alimentaire, avec un soutien à l’agriculture familiale.

Le quatrième engagement appelle à une justice territoriale, tandis que le cinquième se concentre sur une gouvernance publique efficace. Le sixième engagement vise à renforcer la démocratie institutionnelle, tandis que le septième parle d’une culture nationale fédératrice.

Ces sept engagements seront mis en œuvre dans les cent premiers jours, marquant ainsi le commencement d’un nouveau gouvernement à l’écoute des citoyens et véritablement dévoué à un développement équitable.