L’Iran menace de frapper les bases militaires américaines en cas d’attaque.
L’Iran a promis jeudi de frapper « instantanément » les bases et porte-avions américains en cas d’attaque des Etats-Unis. D’après un nouveau décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), 6.373 personnes, dont 5.993 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation.
L’Iran a promis jeudi de frapper « instantanément » les bases et porte-avions américains en cas d’attaque des États-Unis, qui menacent toujours d’une intervention militaire, tandis que l’ONU appelle au dialogue pour éviter une crise aux « conséquences dévastatrices ». L’Union européenne a intensifié la pression, ses 27 ministres des Affaires étrangères s’accordant pour qualifier les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique accusé d’avoir orchestré une répression sanglante en janvier, d' »organisation terroriste ».
« La qualification de ‘terroriste’ convient parfaitement à un régime qui réprime dans le sang les manifestations de son propre peuple », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte », a ajouté la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, en estimant que le Moyen-Orient n’avait pas besoin d’une « nouvelle guerre » en réaction à d’éventuelles frappes américaines.
Cependant, le vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, a affirmé qu’il était nécessaire de se préparer à la guerre, tandis que d’autres responsables ont continué à menacer de représailles sévères en cas d’attaque. Le porte-parole de l’armée a juré que l’Iran répondrait « instantanément », évoquant les « sérieuses vulnérabilités » des porte-avions américains. Le chef de l’armée, Amir Hatami, avait auparavant promis une riposte « écrasante » et annoncé que les régiments de combat étaient dotés de 1.000 drones.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a qualifié d' »erreur stratégique majeure » la décision de désigner les Gardiens de la Révolution comme une organisation terroriste, accusant l’Europe d' »attiser le feu ». Les Européens ont aussi décidé de sanctionner plusieurs hauts responsables iraniens, y compris le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la Révolution. Au total, environ 21 entités et individus sont visés par ces sanctions, qui incluent une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs en Europe.
Tandis que les Européens lient leurs sanctions à la répression de la contestation, le président américain Donald Trump concentre ses menaces d’intervention militaire sur le dossier nucléaire iranien, sans évoquer la situation intérieure en Iran. Réclamant un accord, il a averti mercredi sur son réseau Truth Social que le « temps était compté » avant une éventuelle attaque américaine, « pire » que celle de juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour sa part appelé au dialogue avec l’Iran, notamment sur la question nucléaire, pour éviter une crise aux « conséquences dévastatrices pour la région ».
À Téhéran jeudi, cafés et magasins étaient ouverts et les embouteillages avaient repris dans le centre-ville, où des banderoles pro-gouvernementales avaient été déployées. Les habitants interrogés par l’AFP semblaient résignés. « Je pense que la guerre est inévitable et qu’il faut un changement. Cela peut être pour le pire ou pour le meilleur, je ne suis pas sûre », a déclaré une serveuse de 29 ans sous couvert d’anonymat. « Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Et là nous sommes au plus bas », a estimé une autre femme, du même âge, dans un quartier aisé du nord de Téhéran.
Cependant, les voies diplomatiques ne semblent pas encore totalement épuisées. Le chef de la diplomatie iranienne a mené cette semaine des tractations avec les pays du Golfe, opposés à une intervention américaine. « Cela plongerait la région dans le chaos, affecterait l’économie et ferait exploser les prix du pétrole et du gaz », a confié à l’AFP un responsable d’un de ces pays sous couvert d’anonymat, alors que le cours du baril de brut a atteint son plus haut niveau depuis août. Abbas Araghchi se rendra vendredi en Turquie, un pays souhaitant jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington.
Moscou, de son côté, a estimé que le potentiel de négociations était « loin d’être épuisé », appelant « toutes les parties à la retenue ». Dans la soirée de jeudi, le président iranien, Massoud Pezeshkian, et l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, ont discuté d’efforts en vue d’une « désescalade » dans la région. Les bilans des ONG sur la violente répression qui s’est abattue sur les manifestants en janvier font état de milliers, voire de dizaines de milliers de morts. Selon un nouveau décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, 6.373 personnes, dont 5.993 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation, 11.018 gravement blessées et 42.486 arrêtées. Cependant, le nombre de morts pourrait être beaucoup plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d’examen, écrit l’ONG sur X, ajoutant que les restrictions de communication demeuraient en place malgré un rétablissement partiel d’internet après trois semaines de coupure.

