L’Irak ouvre des enquêtes sur les prisonniers de l’EI transférés.
La justice irakienne a annoncé lundi avoir entamé des enquêtes sur 1.387 membres de l’organisation terroriste Daech récemment transférés du territoire syrien. Ces détenus font partie des 7.000 membres de l’EI auparavant détenus par des combattants kurdes syriens et déclarés vouloir transférer en Irak par l’armée américaine.
La justice irakienne a annoncé lundi qu’elle avait débuté ses enquêtes sur plus de 1.300 détenus membres de l’organisation État islamique (EI) transférés depuis la Syrie dans le cadre d’une opération américaine. « Les procédures d’enquête ont commencé concernant 1.387 membres de l’organisation terroriste Daech récemment transférés du territoire syrien », a précisé dans un communiqué le bureau en charge des médias du pouvoir judiciaire, utilisant l’acronyme arabe du groupe EI. Ces enquêtes sont dirigées par plusieurs juges spécialisés, sous la supervision du président du Conseil supérieur de la magistrature d’Irak.
Ces détenus font partie des 7.000 membres de l’EI auparavant détenus par des combattants kurdes syriens et que l’armée américaine a déclaré vouloir transférer en Irak, suite à la reprise par les forces gouvernementales syriennes de territoires tenus par les Kurdes. Ils incluent des Syriens, des Irakiens, des Européens ainsi que d’autres nationalités, selon diverses sources de sécurité irakiennes.
En 2014, l’EI s’est emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles à l’esclavage sexuel. Avec le soutien d’une coalition dirigée par les États-Unis, l’Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017. Deux ans plus tard, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l’EI. Les FDS ont ensuite incarcéré des milliers de jihadistes présumés et ont placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.
Le mois dernier, les États-Unis ont déclaré que la mission initiale des FDS de lutte contre les jihadistes n’avait plus de raison d’être, en raison de l’émergence d’un État central fort et soutenu par les États-Unis à Damas. Les tribunaux irakiens ont dans le passé condamné à la peine de mort et à des peines de réclusion à perpétuité des centaines de membres de l’EI, dont de nombreux combattants étrangers, certains ayant été transférés de Syrie. L’Irak a déjà été critiqué par des ONG pour des centaines de procès jugés expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation légale inefficace. La justice irakienne a assuré que ses procédures d’enquête « respecteraient les lois nationales et les normes internationales ».

