L’investissement public atteint 30% du PIB

L’investissement public atteint 30% du PIB

L’annonce a été faite au cours de la séance mensuelle consacrée à la politique générale à la Chambre des conseillers

Les efforts d’investissement du secteur public ont doublé au cours de la dernière décennie, passant de 90 milliards de dirhams en 2007 à 195 milliards de dirhams en 2019.

«L’efficacité des investissements publics demeure en deçà des attentes». Les propos émanent du chef de gouvernement, Saâd Dine El Otmani, qui était l’hôte de la Chambre des conseillers dans le cadre de la séance mensuelle consacrée à la politique générale. El Otmani a expliqué que «son gouvernement était conscient de l’importance des investissements publics et s’engageait à mettre en place un système intégré de gestion et d’évaluation de ces investissements, à améliorer la qualité du choix des projets d’investissement et des moyens de les mettre en œuvre, au bénéfice des citoyens et contribuant à la production de richesses et à la création d’emplois».

La même source a indiqué que «le Maroc avait consenti des efforts considérables au cours des dernières années en matière d’investissements publics: le montant total des investissements publics, qui comprend les investissements du budget général, des entreprises publiques et des collectivités territoriales a augmenté de 16,5% entre 2011 et 2019, pour atteindre 30% du PIB (Produit intérieur brut) faisant ainsi du Maroc l’un des premiers pays en matière du taux d’investissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord».

Concrètement, les efforts d’investissement du secteur public ont doublé au cours de la dernière décennie, passant de 90 milliards de dirhams en 2007 à 195 milliards de dirhams en 2019. De son côté, le taux d’exécution des investissements est passé de 62,43% en 2013 à 78,99% en 2017, soit une progression de près de 17 points en quatre ans. Le chef de gouvernement s’est voulu rassurant devant les membres de la deuxième Chambre soulignant que le dialogue public se poursuit depuis des années, notamment au sein des établissements économiques nationaux et internationaux, sur la répercussion des taux d’investissement enregistrés à un niveau de croissance supérieur à celui de l’ensemble des pays émergents.

Il a cependant indiqué que le Royaume a toujours besoin de réaliser des taux de croissance élevés et réguliers, qui contribuent qualitativement à offrir des opportunités d’emploi suffisantes aux jeunes, à élever le niveau de vie de la population et à intégrer les catégories pauvres et vulnérables. Par ailleurs, le chef de l’Exécutif a évoqué l’augmentation constante des besoins de financement nécessaires pour accélérer le processus de rattrapage économique par rapport aux pays émergents, surtout que la durabilité du financement des infrastructures par le budget général est devenue une réelle problématique, en plus de la nécessité de se prémunir contre l’augmentation de la dette publique, en dépit du début de la régression de son taux en 2018. Enfin, le chef de gouvernement a insisté sur le rôle vital et important que revêt l’investissement public en tant que levier essentiel pour faire évoluer l’économie nationale et soutenir l’investissement privé, ainsi qu’un outil de réadaptation sociale, de réduction des disparités sociales et géographiques et de désenclavement des zones d’accès difficiles.

PPP

Le chef de gouvernement a mis l’accent au cours de son intervention sur le renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé qui constitue, selon lui, «un choix volontaire et un prélude pour consolider l’investissement public, garantir sa durabilité et améliorer sa gouvernance et son efficacité, en offrant un service public de qualité et en allégeant le budget de l’État».

Le chef de gouvernement a, dans ce sens, fait observer que ces partenariats public-privé (PPP) pourraient constituer, en cas d’exécution, selon une stratégie déterminée, «un outil efficace pour atteindre les objectifs de création de richesse et d’emplois et améliorer les finances publiques», notant que ce mécanisme va permettre à l’Exécutif de répartir les ressources du budget général et de l’orienter de manière stratégique, ce qui permettra d’économiser des ressources supplémentaires pour augmenter les investissements publics dans les secteurs sociaux. En vue d’améliorer le cadre juridique de ce partenariat, M. El Otmani a indiqué que le gouvernement a approuvé le projet de loi n° 46.18 modifiant et complétant la loi n° 86.12 sur le partenariat public-privé, le 25 avril 2019, ajoutant que ce texte devrait être soumis au Parlement dans les prochaines semaines.

Retraite : Vers une nouvelle concertation

Le gouvernement envisage de mener une concertation autour de la réforme globale du régime de retraite, a indiqué, mardi à Rabat, le chef de gouvernement, Saâd Dine El Otmani.

En réponse à une question centrale autour de «la situation du retraité et sa place dans les politiques publiques», posée dans le cadre de la séance mensuelle relative à la politique générale à la Chambre des conseillers, M. El Otmani a souligné qu’aujourd’hui, une étude est menée en la matière par les quatre Caisses de retraite concernées par la réforme des régimes de retraite, ainsi que les départements gouvernementaux concernés, en vue de déterminer les méthodologies de la mise en œuvre de la réforme globale basée sur le système de polarisation (public et privé), notant que les résultats de cette étude, lancée en mars dernier, seront examinés selon une approche participative élargie lors de l’élaboration d’une feuille de route pour une réforme globale du système de retraite.