L’État social ne doit pas rester en suspens.
L’Etat social ne souffre pas d’un manque de ressources, mais d’une incompétence politique persistante dans sa mise en œuvre. Depuis son onzième Congrès national, l’Union socialiste des forces populaires s’est engagée dans un processus de reconstruction organisationnelle, avec la tenue de plus de 72 congrès provinciaux à travers le pays en 2025.
L’Etat social ne souffre ni d’un déficit de vision ni d’un manque de ressources, mais d’une incompétence politique persistante dans sa mise en œuvre. Alors que les orientations royales ont clairement établi la nécessité d’un Etat protecteur et équitable, les choix du gouvernement ont réduit cette ambition à une gestion minimale des déséquilibres sociaux. Ce décalage entre la volonté stratégique et l’inertie exécutive rend l’alternative socialiste démocratique non seulement légitime, mais aussi prête à endosser une responsabilité historique.
**Introduction**
Les orientations Royales, telles que formulées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ont sans équivoque affirmé que la construction de l’Etat social est un pilier essentiel de la stabilité, du développement et de l’équité. La généralisation de la protection sociale, l’effectivité du droit à la santé et à l’éducation, ainsi que la réduction des inégalités sociales et territoriales relèvent d’un choix stratégique engageant l’action publique dans son ensemble.
Cependant, un profond décalage s’est installé entre cette vision claire et les politiques publiques réellement mises en œuvre. L’approche technocratique restrictive, la fragmentation des réformes et la priorité donnée à la gestion comptable ont progressivement réduit l’Etat social à une simple gestion des enjeux. Le débat n’est plus celui des intentions, mais celui des choix politiques faits et de la responsabilité dans le blocage d’un projet national essentiel.
**Blocage de l’Etat social et affaiblissement de la croissance : l’échec d’un même choix politique**
Le problème central ne réside pas dans un manque de ressources financières, mais dans leur allocation inappropriée et l’absence d’une vision cohérente pour le développement. Malgré la programmation de crédits importants dans les lois de finances successives, l’impact sur le PIB, la croissance et l’emploi reste limité. Ce constat prouve que la dépense publique, lorsqu’elle n’est pas liée à une stratégie productrice claire, ne crée ni croissance durable ni justice sociale.
De plus, l’investissement public a été dilué dans une logique de saupoudrage, avec des projets dispersés, faiblement structurants, souvent éloignés des besoins réels de l’économie et de la création de valeur ajoutée. La dépense publique s’est ainsi muée en charge comptable, accumulant des sommes importantes sans résultats concrets pour les citoyens.
S’y ajoute une sous-exécution significative des budgets votés, comme si les objectifs avaient été atteints et les urgences sociales résolues. Cette situation met en lumière de graves défaillances dans la programmation, l’exécution, le suivi et l’évaluation des politiques publiques. L’Etat social ne se jauge pas à la taille des enveloppes budgétaires annoncées, mais à l’efficacité de leur utilisation et à leur impact sur l’emploi, les conditions de vie et la réduction de la précarité. Dans ces conditions, l’absence de l’Etat social devient non seulement un échec social, mais également un facteur d’affaiblissement de la croissance et d’érosion de la confiance. Un développement sans justice sociale est, par essence, fragile, instable et structurellement non durable.
**L’alternative socialiste démocratique : traduire les orientations Royales en projet gouvernemental effectif**
Face à ce constat, l’alternative socialiste démocratique se positionne comme un projet politique global, non pas par simple opposition, mais parce qu’elle est la plus en phase avec l’esprit des orientations Royales et avec les attentes véritables de la société. Son principe est clair : il n’y a pas d’Etat social sans un Etat fort, pas de croissance sans justice, et pas de stabilité sans protection sociale effective.
Ce projet repose sur des choix affirmés : des services publics robustes et non marchandisés, particulièrement dans la santé et l’éducation ; une réforme fiscale juste mettant fin aux rentes et aux privilèges afin d’assurer un financement durable des politiques sociales ; un investissement public productif axé sur la création de valeur ajoutée et d’emplois ; et une justice territoriale réelle, faisant de l’équité spatiale une condition du développement et non un simple slogan.
La crédibilité de cette alternative est intrinsèquement liée à la solidité de l’organisation politique qui la défend. Depuis son onzième Congrès national, l’Union socialiste des forces populaires s’est engagée dans un processus de reconstruction organisationnelle profond, basé sur l’ancrage territorial, la démocratie interne et le renouvellement des élites.
L’année 2025 a marqué une accélération décisive de cette dynamique, avec la tenue de plus de 72 congrès provinciaux dans tout le pays, largement supervisés par la direction nationale, notamment par le Premier secrétaire Driss Lachguar. Cette mobilisation a été couronnée par le douzième Congrès national, qui a doté le parti d’organes renouvelés, structurés autour de la spécialisation et du partage des responsabilités, en préparation d’une véritable alternative gouvernementale à vocation sociale.
**Conclusion : l’heure de la responsabilité politique et du choix démocratique**
Il n’est plus acceptable de justifier le blocage de l’Etat social par des contraintes conjoncturelles ou par un manque de marges de manœuvre. Lorsque les orientations Royales sont explicites, que les ressources sont présentes et que l’inaction persiste, la responsabilité devient totalement politique. La situation actuelle ne résulte pas d’une crise de moyens, mais d’une crise de choix et de volonté.
À l’opposé, l’alternative socialiste démocratique prouve qu’elle n’est pas un simple discours d’opposition, mais un projet prêt à être mis en œuvre, soutenu par une vision claire, une organisation renouvelée et une solide expérience de terrain. L’enjeu est désormais démocratique et social : soit continuer à gérer les crises et reproduire l’échec, soit rompre avec la passivité et construire un véritable Etat social plaçant l’être humain au centre des politiques publiques. L’alternative est là. L’organisation est prête. Le choix est maintenant politique.
**Par Mohamed Assouali**
**Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires – Tétouan**

