Les syndicats ne cèdent pas à la pression exercée.
Le gouvernement d’Aziz Akhannouch a ravivé les tensions au sein du secteur de la santé publique, malgré les efforts des cinq syndicats de la Coordination syndicale nationale pour préserver un climat professionnel sain. La Coordination syndicale nationale des professionnels de santé a décidé d’organiser des sit-in de protestation à l’échelle nationale les jeudis 8, 15 et 22 janvier prochain, et a appelé à une grève nationale le jeudi 29 janvier 2026, à l’exception des services d’urgence.
Une nouvelle année, de nouvelles grèves

Ce dernier, que les cinq syndicats de la Coordination syndicale nationale avaient toujours préservé d’une escalade des conflits, est désormais en proie à des tensions, au détriment d’un climat professionnel propice à l’exercice des missions de santé.
Une source syndicale a rapporté que les récentes décisions gouvernementales, perçues comme une violation des droits des professionnels de la santé et une atteinte grave au droit des patients à recevoir des soins de qualité dans des conditions appropriées, ont conduit ces syndicats à annoncer un nouveau programme de mobilisation.
Cette décision fait suite au retard continu du gouvernement et du ministère concerné dans l’application des points de l’accord signé le 23 juillet 2024, ainsi qu’à l’absence des textes régissant la loi n°09.22 sur les métiers de la santé. Cette loi concerne notamment le décret sur le mouvement de mutation, les indemnités pour les zones éloignées et les nouvelles primes, en plus de nombreux dysfonctionnements structurels.
Dans ce cadre, la Coordination syndicale nationale des professionnels de santé a décidé d’effectuer des sit-in de protestation à l’échelle nationale, coïncidant avec les réunions du Conseil de gouvernement prévues les jeudis 8, 15 et 22 janvier prochain.
En outre, les cinq syndicats ont appelé à une grève nationale dans tous les établissements de santé, à l’exception des services d’urgence, le jeudi 29 janvier 2026.
Cette décision démontre clairement, selon des sources syndicales, l’intense colère qui règne parmi les professionnels de la santé vis-à-vis du ministère et du gouvernement, tous deux accusés de négliger l’application des clauses de l’accord de juillet 2024.
Dans un communiqué relatif à son plan d’action, la Coordination syndicale a souligné la persistance de nombreuses anomalies, dont le non-respect de l’accord de juillet et l’absence de réponse à tous ses points. Le communiqué met également en lumière l’incertitude entourant le parcours du groupement sanitaire territorial pilote de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, présenté par le porte-parole du gouvernement comme un succès, alors que cette expérience n’a démarré que récemment et qu’aucune évaluation n’a été effectuée.
Selon la même source, ni les citoyens ni les professionnels de la santé n’ont constaté d’améliorations notables des services, tandis que ces derniers manifestent leurs inquiétudes quant à une possible régression de leurs droits et acquis. De plus, l’absence de réponse à leurs revendications et la situation alarmante de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé sont d’autres sujets de désaccord.
L’appel lancé par la Coordination syndicale à l’ensemble des professionnels du secteur vise à la fois à alerter et à assumer une responsabilité. Il s’agit, selon leurs propos, de redresser le système de santé public, de défendre les droits des travailleurs et de protéger ceux des citoyens, en s’opposant à une réforme imposée, opaque et potentiellement déstabilisatrice. Dans ce combat, l’opposition ittihadie trouve un terrain d’expression naturel, fidèle à sa mission historique de défense des services publics, de justice sociale et de gouvernance démocratique.
Alors que le Maroc fait face à des défis sanitaires majeurs, exacerbés par des inégalités territoriales et sociales, la réforme du système de santé ne doit souffrir ni d’improvisation ni d’arrogance. Elle nécessite écoute, humilité et courage politique. À défaut, elle risque d’approfondir le fossé entre les institutions et les citoyens, et de transformer une promesse de modernisation en une source durable de fractures sociales.
Elias Rayane
